CAPITAL ET GEMEINWESEN

 

 

II - IMPORTANCE DE LA DÉFINITION DU CAPITAL VALEUR ΕΝ PROCÈS ET CONSÉQUENCES QU'ELLE IMPLIQUE

 

 

Α. - Importance de la définition du capital valeur en procès.

 

 

« Pour développer le concept de capital, il n'est pas nécessaire de partir du travail, mais de la valeur, et plus précisément de la valeur d'échange déjà développée dans le mouvement de la circulation. Ιl est tout aussi impossible de passer directement du travail au capital que de passer directement des diverses races humaines au banquier, ou de la nature à la machine à vapeur ». (Fondements, t. Τ, ρ. 206).

 

L'apparition du capital suppose donc un long développement historique en lequel on voit progressivement la valeur d'échange accéder à l'autonomie. Cela implique corrélativement que l'on ne peut pas considérer le capital uniquement comme du «travail accumulé» (réalisé), en fait, du travail objectiqui sert de moyen au travail (production) nouveau ». (Ibid). On n'aurait en vue « que la matière du capital, abstraction faite de la détermination formelle sans laquelle il n'est pas capital ». (Ibid. p. 204). Envisager l'aspect matériel, le contenu, c'est être à nouveau victime de l'apparence, comme le furent les physiocrates lors de leur analyse de la plus-value. En effet, ceux-ci concevaient cette derniere uniquement dans l'agriculture, branche de production où, effectivement, le sur-travail apparaît clairement et distinctement en des quantités de matière. Mais l'aspect matériel masque le mouvement réel, l'être véritable du capital. C'est pourquoi K. Marx a plusieurs fois critiqué la conception selon laquelle le capital est une somme de valeurs.

 

« Si je dis, comme Say, par exemple que le capital est une somme de valeurs, je ne dis rien d'autre que le capital est égal à la valeur d'échange. Toute somme de valeurs est une valeur d'échange, et tout valeur d'échange est une somme de valeurs. On ne saurait passer de la valeur d'échange au capital par simple addition. Comme nous l'avons vu, le rapport de la capitalisation n'existe pas encore dans la simple accumulation de l'argent ». (Ibid. p. 197).

 

Cette définition qui pouvait être valable pour une quantité d'argent donnée dans la période de production simple des marchandises, n'est absolument pas suffisante pour le capitalisme. Dans le VIéme Chapitre, K. Marx part de l'argent somme de valeur pour expliquer la formation du capital: « Le capital n'existe ici que comme une somme donnée de valeur = A (argent) dans laquelle toute 1a valeur d'usage s'est effacée dans sa forme argent ». Ou bien: « Si le capital originel est une somme de valeur ègale à x   » Il fallait donc expliquer comment une somme de valeur donnée est capable d'en­gendrer un incrément: Nous l'avons vu, le capital ne s'accroît que parce qu'il absorbe une marchandise particulière: la force de travail. Par cette opération, il devient, à la fois, marchandise et argent; il unit ces deux apparences phénoménales de la valeur et peut ensuite se présenter sous l'une ou l'autre forme.

 

La définition de J.B. Say est une autre formulation de celle de A. Smith considérant que le capital est la somme des revenus: le salaire, le profit et la rente foncière. Là se trouve, en plus, une contradiction criante en ce sens que sont mélangées des conditions de la production (salaire) et les produits de celles-ci: rente foncière, profit. Doù évidemment les impasses dans lesquelles se fourvoya Smίth lorsqu'il voulut étudier la reproduction du capital. En revanche, si l'on considère le capital comme la valeur en procès, il est évident  qu'il est possible d'analyser le mouvement de la régénération, de la reformation du procès.

 

Dans le Livre II du capital, K. Marx analyse la circulation et la reproduction du capital. C'est là qu'il critique la position de A. Smith et met en évidence ce qu'est le capital: « Si nous réunissons les trois formes, toutes les présuppositions du procès apparaissent comme son résultat, comme une présupposition produite par lui-même ». (...) « Les trois cycles ont ce point commun: la valorisation de la valeur comme fin déterminante, comme moteur ». (Tome 4, p. 93).

 

« Le capital, en tant que valeur qui se valorise, n'implique pas seulement des rapports de classe, ou un caractère social déterminé reposant sur l'existence du travail comme travail salarié. C'est un mouvement, un procès cyclique traversant différents stades et qui lui-même implique à son tour trois formes différentes du procès cyclique. C'est pourquoi on ne peut le comprendre que comme mouvement, et non comme une chose au repos. Ceux qui considèrent l'autonomisation de la valeur comme une pure abstraction oublient que le mouvement du capital industriel est cette abstraction in actu »[1]. (Livre ΙΙ, tome 4, p. 97).

 

Peu comprirent et comprennent cette accession de la valeur à l'autonomie que nous avons analysée dans la version primitive et dans le VIéme Chapitre. C'est pourquoi K. Marx abondonna la première rédaction pour passer à une version où l'on aborde directement le stade où l'autonomie est déjà réalisée. Mais cela ne veut pas dire qu'il fasse des concessions, disons qu'il laisse simplement de coté cet aspect difficile pour mieux l'étudier ailleurs; cela rend parfois elliptique certains passages. Mais, une fois connue la définition du capital valeur en procès et le développement historico-logique dont elle est l'aboutissement, une phrase comme celle qui suit, se révéle d'une éblouissante clarté: "La valeur traverse ici différentes formes, différents mouvements, dans lesquels elle se conserve et en même temps se valorise, s'agrandit ». ( Le Capital , Livre II, t. 4, ρ. 97).

 

Avec le capital, on n'a plus affaire à une chose comme c'est indiqué dans 1a Version primitive, mais à un procès: « Si on dit que le capital est de la valeur d'échange qui produit un profit, ou du moins que l'on utilise en vue de produire un profit, on a déjà présupposé le capital dans l'explication car le profit est un rapport détermidu capital à lui même; le capital n'est pas un simple rapport mais un procès dans les divers moments duquel il est toujours capital ». (Fondements, t. Ι, ρ. 205).

 

K. Marx a analysé, tout au long de son oeuvre, les conquences de ces deux erreurs de définition du capital et, chaque fois, il a montré que les économistes en étaient arrivés parce qu'ils n'avaient pas compris l'aspect dualistique du procès de production immédiat: procès de travail et procès de valorisation.

 

a - Définition du capital comme somme de valeurs.

 

Dans son analyyse du capital fixe et du capital circulant, A. Smith présente le capital variable qui est du capital circulant non comme «la valeur déboursée pour la force de travail, mais la valeur déboursée pour les moyens de subsistance de l'ouvrier» (L. II, t. 4, ρ. 197). Ceci venait du fait qu'il mettait en avant comme caractère essentiel, déterminant, le fait que la force de travail voit sa valeur disparaître en un seul coup; fait qui évidemment lui confère l'aspect de capital circulant. Ceci était inévitable chez A. Smith du moment qu'il essaie de connaître les composants de 1a valeur à partir de ses résultats et de ses formes dérivées: salaire, profit et rente. Mais la conquence est qu' «il devient impossible de saisir la différence entre capital variable et capital constant, et par conquent, de saisir en aucune manière le procès de production capitaliste ». (Livre II, tome 4, ρ. 197).

 

Cette conception erronée fut reprise par l'économie vulgaire (jusqunos jours): «Pour elle, la fraction de capital déboursée pour le salaire ne se distingue absolument plus de la fraction du capital déboursée pour les matières premières, et elle ne se distingue du capital constant que par la forme, suivant qu'elle est mise en dculation par le produit par fractions ou en entier. Voilà renversée, d'un seul coup, la base nécessaire pour comprendre le mouvement réel de la production capitaliste et, par suite, de l'exploitation capitaliste. Ι1 ne s'agit que de la réapparition de valeurs avancées ». (L. II, t. 4, pp. 202-203).

 

Pour K. Marx, le capital n'est valeur en procès que dans 1a mesure où il consomme la force de travail et non la somme des valeurs réprésentant les subsistances de l'ouvrier. D'autre part, la force de travail ne devient capital que lorsqu'elle est aliénée, quand elle se trouve dans le procès de production sous forme de capital variable en face des moyens de production capital constant: «L'essentiel dans la détermination du capital variable, - et par conquent, pour la conversion en capital d'une somme de valeurs quelconque - c'est le fait que le capitaliste échange une grandeur de valeur déterminée, donnée (et en ce sens constante) contre une force créatrice de valeur, une grandeur de valeur contre une production de valeur, une autovalorisation ». (p. 203).

 

«Mais cette force d'autovalorisatίon, le capitaliste ne la vend pas. Elle n'est jamais qu'un élément constitutif de son capital productif, au même titre que ses moyens de travail, elle ne fait jamais partie de son capital marchandise, comme par exemple le produit achevé qu'il vend». (Ibid., 205).

 

Plus loin, K. Marx explique le procès de production immédiat, le délimitant du procès de circulation, ce qui suppose la délimitation des catégories valables dans l'un et l'autre cas. Nous revoyons apparaître les fίnίtions cristallines du VIéme Chapitre: « À l'intérieur du procés de production, les moyens de travail, en tant quléments du capital productif, ne s'opposent pas à la force de travail, comme capital fixe, pas plus que les matériaux du travail et les matières auxiliaires ne se confondent avec elles comme capital circulant. La force de travail, en sa quali de facteur personnel, s'oppose aux deux catégories en leur quali de facteurs matériels (Sachtichen) - ceci du point de vue du procès de travail. Les deux catégories s'opposent en leur quali de capital constant à la force de travail, capital variable, ceci du point de vue du procès de valorisation. Ou, s'il faut parler ici d'une différence matérielle pour autant qu'elle influe sur le procès de circulation, ce ne peut être que celle-ci: la valeur n'étant que du travail objectivé, et la force de travail en activité n'étant que travail en train de s'objectiver, il s'ensuit que, durant son fonctionnement, la force de travail crée en permanence de la valeur et de la plus-value, et que ce qui de son côté se présente comme mouvement, comme création de valeur, se présente, du côté opposé du produit, sous forme statique, comme valeur créée. Dès que la force de travail a agi, le capital ne se compose plus de force de travail d'une part et, d'autre part, de moyens de production. La valeur-capital, qui était déboursée en force de travail est maintenant valeur conférée (avec 1a plus-value) au produit. Pour recommencer le procès, il faut vendre le produit et, avec l'argent ainsi obtenu, renouveler sans cesse l'achat de la force de travail et son incorporation au capital productif. C'est parque la fraction capital déboursée en force de travail prend, au même titre que la fraction déboursée en matériaux de travail, etc., le caractère de capital circulant par opposition au capital qui reste fidans les moyens de travail ». (Ibid., 205).

 

 

b - Définition du capital par rapport à lui-même, le profit.

 

 

A. Smith indique une autre cause à la différence entre capital circulant et fixe: «il y introduit la notion totalement indue du profit, en disant que certains moyens de production rapportent du profit en gardant leur aspect, d'autres en la perdant» (Livre II, t. 4, ρ. 187). Or le profit, forme modifiée de la plus-value, ne peut se comprendre lui-même que par la compréhension du procès de production et donc par celui de valorisation.

 

La grande erreur est d'avoir confondu les éléments du procès de production (capital constant et variable) avec ceux du procès de circulation (capital fixe et circulant). Dans le second procès, la valeur est produite, elle n'a plus qu se réaliser. On peut exprimer autrement cette erreur: vouloir expliquer le mouvement par son résultat. Elle se résoud enfin dans 1a confusion entre "valeur du produit de l'année et produit valeur annuel ». Ce dernier est uniquement le produit du travail de l'année écoulée; la première inclut en outre, tous les éléments de valeur consommée pour fabriquer la production de l'année, mais produits eux-mêmes dans l'année précédente ou, pour une part, dans les années d'avant: il s'agit des moyens de production dont la valeur ne fait que réapparaître, et qui, quant à leur valeur, n'ont été ni produits ni reproduits par le travail fourni au cours de 1a dernière année. C'est grâce à cette confusion qu'A. Smith escamote 1a partie constante de la valeur du produit de l'année ». (Livre II, t. 5, p. 31). Ι1 escamote ainsi un des composants du procès de production. Celui-ci devient incompréhensible. K. Marx montre ensuite que cette confusion repose sur l'incapacité de Smith à comprendre le double caractère de la force de travail: «créateur de valeur» et «créateur d'objet d'usage», double caractère qui conditionne la dualité même du procès de production immédiat du capital et résoud l'énigme du capital - valeur en procès.

 

 

B- Conquence de la définition du capital valeur en procès.

 

 

1 - Production et circulation

 

Dans 1a période de circulation simple des marchandises, celles-ci n'étaient produites qu'en tant qu'exdent. L'auto-consommation impliquait que l'on produisait tout ce qui était nécessaire. Ce n'est que lorsqu'il y avait un exdent, ou bien lorsqu'il fallait se procurer quelque chose qu'il était impossible de produire, qu'étaient portés sur le marché les produits devenus marchandises. Les deux moments du procès économique production et circulation étaient bien distincts. «À l'origine, la production apparaissait au-delà de la circulation et la circulation au-delà de 1a production. Le cycle du capital - la circulation posée en tant que circulation du capital - comprend deux moments. En lui 1a production apparaît comme point de départ et point d'arrivée de la circulation et vice-versa. L'autonomie de la circulation est réduite maintenant à une pure apparence; il en est de même de l'aptitude de la production à se situer au-delà [2].» (Fondements, t. Ι, p. 479).

 

« La circulation du capital est à la fois son devenir sa croissance, son procès vital. Ce qui est comparable à la circulation du sang, ce n'est pas la circulation formelle de l'argent, mais celle substancielle du capital. » (Fondements, t. 2, ρ. 7).[3]

 

Ceci explique l'erreur des économistes qui proclament que la loi de la valeur est valable pour les sociétés pré-capitalistes, mais qu'il n'en est plus de même sous le capitalisme. Or qu'est-ce qui changeait llement? C'est que dans le mouvement Μ-A-Μ, la valeur d'usage et donc l'homme est encore le but de production, mais dans le mouvement A-Μ-A, c'est uniquement la valeur d'échange se valorisant, donc la plus-value, le profit[4]. Or, la valeur n'est réellement autonome que si elle s'abandonne à la circulation (c'est là que se produit son procès de vie réel). Ainsi le procès de production aura tendance à devenir un moment de celui de la circulation.

 

En effet lorsqu'on envisage A-Μ-A, on envisage deux choses à la fois un procès de production et un procès de circulation. K. Marx montre que pour comprendre le procès de production, le surgissement d'un incrément de valeur Δa ou Δv, i1 faut comprendre le procès de production immédiat, mais celui-ci est conditionné par un acte d'échange qui lui est anrieur A equivalence M (v) qui est l'achat de 1a force de travail. Sans cela, pas de possibilité de procès de production immédiat. « La condition pour que l'argent se transforme en capital est que le possesseur d'argent puisse échanger de l'argent contre la capacité de travail étranre en tant que marchandise.

 

Ιl faut donc que dans le cadre de la circulation, la capacité de travail soit mise en vente comme marchandise, puisque dans la circulation simple les échangistes ne s'affrontent qu'en qualité de vendeurs et d'acheteurs. Ιl faut donc que l'ouvrier mette en vente sa capacité de travail comme marchandise à consommer par usage: il ne peut donc s'agir que de l'ouvrier libre. » (Version primitive, pp. 252-53).

 

Le salariat, il faut y insister, est une présupposition de la production du capital. En effet: «Se trompent aussi bien ceux qui considèrent le travail salarié, la vente de travail au capital, et donc la forme du salariat, en tant qu'extérieur à la production capitaliste; elle est une forme essentielle du rapport de production capitaliste, constamment reproduite par ce dernier». (VIème Chapitre, ρ. 263). L'homme doit devenir une marchandise, stade de généralisation de la production marchande où le producteur acquiert lui-même le caractère de 1a chose qu'il produit, non pas immédiatement, mais au travers d'un rapport social donné.

 

Le procès de production est d'autre part déterminé par l'acte M'equivalenceA’, réalisation de la valeur qui était sous 1a forme marchandise et qui doit devenir sous la forme argent. D'où l'on peut détailler le mouvement A-M-A' en ses trois moments:

 

 Μ (ν)     Achat de la force de travail.

    Procès de production immédiat

M'A'     Réalisation de la valeur.

 

Ce qui est déterminant et imprime les caractères distinctifs à l'ensemble, c'est t'échange

AM (ν).

 

«Dans le procès d'échange lui-même, un quamtum en argent en tant que marchandise travail objectivé s'échange contre une quantité égale de travail objectivé dans une capacité de travail vivant. Selon la loi de 1a valeur d'échange des marchandises, on y échange des équivalents, des quantités égales de travail objectivé bien que l'une des quantités soit objectivée en une chose et l'autre en une personne vivante». (VIéme Chapitre, p Ι74).

 

Une fois ceci bien précisé, i1 est important de suivre le mouvement apparent du capital qui est un mouvement circulatoire. En lui le procès de production est assujetti au procès de circulation. Ce qui compte essentiellement c'est que 1a valeur se valorise. C'est pourquoi dans le VIéme Chapitre, K. Marx part d'une donnée constatable: le capital naît sur 1a base de 1a production marchande. Ce stade est le mieux exprimé par la formule mercantiliste que nous avons analysée:

 

A  Μ == Μ' A'

 

« À l'origine, le capital se présente comme argent qui doit se transformer en capital, il n'était capital qu'en puissance ». (VIéme Chapitre, ρ. 117). Ιl est dès l'abord « un fluens qui doit poser une fluxio » (VIémeChapitre, ρ. 118). C'est-à-dire que ce qui le caractérise, c'est la fluidité, la faculté de circuler, d'être toujours en mouvement. Ceci peut s'exprimer très simplement de la façon suivante: le capital est une grandeur x qui est capable de se transformer en x + Δx; 100 francs investis dans la production peuvent rapporter 110 francs. « .. et la nature spécifίque, caractéristique du procès de production capitaliste se manifeste alors, d'une manière aussi abstraite, aussi simple. (VIéme Chapitre, p.119). « L'expression doit être 1a fonction d'une grandeur variable ou se transformer en celle-ci au cours du procès ». (VIémeChapitre, ρ. 120). De ce fait, K. Marx remplace x par ce qu'il est réellement, c'est-à-dire le capital constant plus le capital variable et nous avons:

ou C'

Mais c étant constant, ν variable, ν est la véritable grandeur qui varie au cours du procès, d'où:

C' - C = ΔC (c'est-à-dire l'incrément de capital)

et:

ΔC = Δν

 

« Autrement dit, l'incrément du capital total = à l'incrément de la partie variable du capital, de sorte que Δc ou la variation de la partie constante du capital = 0. Dans cette recherche concernant ΔC, Δx ou Δν, le capital constant est donc posé égal à 0, autrement dit il n'a pas à être considéré ». (VIéme Chapitre,p. 121).[5]

 

Ceci est en parfaite conformi avec le Livre Ι où, de même, lorsqu'il s'agit de savoir d'où provient l'incrément de valeur, on ne pose pas la distinction entre c et ν. Elle n'est posée qu'une fois l'origine de 1a plus-value élucidée. D'autre part, on comprend pourquoi K. Marx a parlé de procès de production immédiat, parce que la plus-value y apparait de façon immédiate de l'exploitation de la force de travail prolétarienne. Lorsqu'on s'éloigne de ce procès, l'origine de la plus-valus est de plus en plus obscurcie. Enfin, la plus-value ne peut exister qu'en tant que différence par rapport à une valeur préexistante, par rapport à celle qui l'a engendrée, d'où 1a nécessié de la conservation de la valeur avancée. C'est pourquoi le procès de valorisation inclut cette dernière.

 

K. Marx anticipe ensuite sur tout le développement et montre que ce mode d'être du capital (valeur se valorisant en procès) pose déjà deux rapports essentiels: «la proportion dans laquelle ν s'est accru taux de plus-value) ». C'est le point de vue du prolétariat. « La proportion dans laquelle C a augmen  (taux de profit). C'est le point de vue du capitaliste ». (VIéme Chapitre,p. 121). "La fonction spécifique propre du capital en tant que capital est donc la production de la plus-value qui, comme cela apparaît ulrieurement, n'est rien d'autre que production de sur-travail, appropriation de travail non payé dans le procès de production réel; sur-travail qui se présente et s'objective dans la plus- value".  (VIéme Chapitre, pp. 121-22).

 

Remarque I.

C'est cette formule condensée x → x+ Δx qui caractérise le mieux l'apparence du pnomène capitaliste.

 

« Nous avons vu du reste que toute la valeur-capital est engagée dans une circulation continuelle et qu'en ce sens tout capital est capital circulant ». (Le Capital, Livre 11, t. 4, p. 146):

 

Remarque Il

 

Dans sa forme suprême de capital financier, de capital porteur d'intérêt, le capital semble revenir à celle sous laquelle il est apparu. Ιl semble ici encore que c'est de 1a circulation que naisse l'incrément de valeur. Le procès de production, comme nous le verrons ultérieurement est escamoté. Nous retrouverons cette forme lorsque nous serons parvenus au bout de l'évolution du phénomène apparent.

 

En apparence, tout se ramène à la circulation. K. Marx précise cela dans les «Grundrisse». Ι1 fait tout d'abord remarquer:

 

1 - «La durée du jour du capital dans la phase du procès de production devient elle-même un moment de la circulation quand on suppose des capitaux différents». (Fondements, t. 2, p. 208).

 

2 - « Si nous considérons l'ensemble de la circulation du capital quatre moments apparaissent: les deux grand moments du procès de production et du procès de circulation se scindant en deux. Nous pouvons partir soit de la circulation, soit de la production. Nous avons déjà suffisamment dit: la circulation est un moment de la production car ce n'est que par cette dernière que le capital devient capital; 1a production n'est qu'un moment de la circulation, dans 1a mesure où celle-ci est considérée en totali(Ganzes) du procès de production. Ces moments sont:

 

Ι - « Procès de production réel et sa durée ». (Ι1 coïncide avec les conditions de valorisation ennéral. C'est ce qui a été montré dans le Sixième chapitre).

 

II- «Transformation du produit en argent. Durée de cette opération».

 

III - « Transformation de l'argent en portions adéquates de matières premières, moyens de travail, bref en éléments productifs du capital ».

 

IV - «L'échange d'une partie du capital contre la force vivante de travail peut et doit être considéré comme un moment particu­lier ». (Fondements, pp. 10-11).

 

À cette question répond une remarque du VIéme chapitre: « C'est pourquoi, bien que le premier procès - échange de l'argent contre de la force de travail, ou vente de la force de travail - n'entre pas comme tel, dans le procès de production immédiat, il entre en revanche dans la production de l'ensemble du rapport». (p. 169). Cet échange conditionne, en fait; tout le mode capitaliste de production [6]. C'est pourquoi dans la plupart des plans du Capital , K. Marx place le travail salarié comme devant être traité à part. Ι1 avait même pensé, à un moment donné, commencer l'analyse à partir de celle du salariat, puisque ce dernier présuppose 1a production capitaliste. Ι1 en fut ainsi dans les Manuscrits de 1844.

 

Ainsi, l'exposé du chapitre VI, sa présentation du capital comme étant un fluens, ne contredit en rien le reste de l'œuvre, mais l'éclaire au contraire. L'étude plus approfondie du capital montre d'ailleurs que 1a plus grande difficul que rencontre celui-ci dans la réalisation de son procès vital, réside dans la circulation. Elle devient pour les économistes comme pour le capital lui-même le problème essentiel. Ce n'est pas pour rien que K. Marx l'a longuement analysée. « Le procès de production apparaît comme un intermédiaire inévitable, un mal nécessaire pour faire de l'argent. C'est pourquoi les nations adonnées au mode de production capitaliste sont prises périodiquement du vertige de vouloir faire de l'argent sans l'intermédiaire du procès de production ». (Le Capital, Livre II, t. 4, ρ. 54). Le développement du capital [7] ne rentre pas en contradiction avec la façon dont il apparaît historiquement. Au contraire, c'est une réalisation plus évoluée: la tendance à la valo­risation absolue. On voit bien encore une fois que la circulation est une donnée fondamentale puisque c'est en elle, par elle, que le capital tend à réaliser son être: la valeur en procès, une valeur qui tend à échapper à ses propres conditions de production pour s'accroître toujours plus et le plus rapidement possible.

C'est à ce moment de l'exposition que K. Marx distingue bien les deux parties de la circulation: AΜ (v) et A'  Μ'. Ι1 appelle petite circulation la première; l'autre étant la grande. Pour l'être vivant, c'est la petite qui est essentielle parce qu'elle apporte l'oxygène indispensable à la vie. C'est là que celle-ci, pour ainsi dire, se renouvelle. Il en est de même ici. Seulement dans le capital, c'est la grande qui tend à dominer. Ι1 semble alors que, par l'intermédiaire du crédit, du capital engendre du capital. Tout n'apparaît plus que sous l'aspect de ce dernier, l'homme est un simple exécutant, un esclave du capital. C'est dans le Livre III du Capital que K. Marx met en claire évidence cela parce que c'est là qu'il raisonne sur les phénomènes apparents. Or, lorsqu'il analyse l'apparence, il ne fait que mettre en relief la force du capital qui impose son mode d'être, sa valorisation; lorsqu'il explique le secret de cette apparence, il dévoile le devenir réel du capital qui s'est assujetti le travail et se présente comme son propre niteur. Ι1 faut non seulement connaître le secret de l'apparence, mais le devenir de celle-ci. C'est que nous saisissons tout l'intérêt du VIèmechapitre avec sa distinction entre procès de travail et procès de valorisation et l'indication qu'au cours du développement capitaliste le second νa supplanter le premier, parce que le capital est la valeur se valorisant. Le VIéme chapitre éclaire toute l'œuvre et permet de la saisir dans toute sa portée et sa grandeur.

 

2) Fixation et liration de capital: valorisation et dévalorisation.

 

Si le capital est un fluens posant un fluxio, si sa continuité, son mouvement en spirale, sont ses caractéristiques essentielles, il est inressant de montrer quelles sont les conditions qui fixent le capital et celles qui le lirent, lui permettent de rentrer dans de nouveaux cycles afin de se valoriser.[8]

 

a) Cas du procès de production immédiat.

 

Au sein du procès de production immédiat, il y a déjà un frein à ce devenir incessant de la valorisation. En effet une partie du capital avanne circule pas en une fois dans les marchandises pro­duites au cours d'un procès de production donné. Ce qui veut dire qu'elle ne subit pas les métamorphoses, mais sa valeur reste sous forme argent. Ceci est une conséquence de certaines parties entrant clans le procès de production: « Les moyens de travail, au contraire, une fois entrés dans 1a sphère de production, ne la quittent jamais. Leur fonction les y retient. Une partie de la valeur capital avancée se fixe sous cette forme déterminée par la fonction des moyens de travail dans le procès. Avec le fonctionnement du moyen de travail et l'usure qui en est la conquence, une partie de sa valeur passe au produit, tandis qu'une autre reste fixée dans le moyen de travail et, par conquent, dans le procès de production. La valeur ainsi fixée diminue constamment, jusqu'à ce que le moyen de travail ne puisse plus servir et qu'ainsi la valeur soit répartie, au bout d'une période plus ou moins longue, sur une masse de produits sortis d'une rie de procès de travail constamment renouvelés » (Le Capital, Livre II, t. 4, p145116).

 

Les moyens de travail sont les machines, les installations immobilières, etc. Prenons un exemple et supposon que le capitaliste ait payé 12.000 Fr. un tel moyen de travail et supposons que le procès de production immédiat de cette entreprise nécessite l'avance suivante de capital: 800c + 200v = 1000 k. Si nous supposons d'autre part un taux de plus-value de 100 %, nous avons 1a valeur des produits qui est la suivante:

 

800c+200ν+200p = 1200k  (k'= k+p).

 

Ι1 est évident que 1200 se trouvent d'abord sous forme marchandise: Μ 1200. Ι1 faut donc qu'ils circulent pour être transformés en argent A 1200. (Μ 1200  A 1200). Une fois que ces 1200 sont de retour sous forme argent, le capitaliste en consomme 200 (reproduction simple), il reste 1000 pour une nouvelle anticipation. C'est ici que 1a différence entre capital fixe et circulant νa apparaître clairement. En effet, du moment que le moyen de travail ne voit par sa valeur d'usage s'abolir un une seule fois, il se produit deux phénomènes complémentaires: fixation sous forme d'usage et fixation sous forme de valeur. La dernière croit en sens contraire de l'autre. Supposons que le capitaliste mette 400 fr de côté pour l'amortissement des frais causés par l'achat de la machine, nous devons diviser alors les 800 Fr. en deux parties: une circulante et une autre fixée. La valeur des produits peut s'exprimer par 1a relation suivante:

(400 f. + 400 c) c + 200 ν + 200 p = 1200 k'

 

Analysons les mouvements d'échange, donc les métamorphoses de chacun des constituants de k' capital produit:

 

1) 200 p   :   Μ 200 A 200 M 200

 

2) 200 ν   :   Μ 200 A 200  M200

 

3 ) 400 c    :   Μ 400 A 400M400

 

4) 400 f.    :   Μ 400 A400

 

 

Pour la partie destinée à amortir les frais de la machine (400 f.) la série des métamorphoses s'arrête à A400; il y a fixation de 1a valeur. Le procès de celle-ci est arrêté. Ceci se pètera le nombre de cycles nécessaires pour reformer la valeur avancée. Ici 30 se­maines (12000: 400). Mais, à 1a fin, nous avons:

 

A (400 x 30) Μ 12.000

 

La fixation a été surmontée: « Cette partie de la valeur capital fixée dans le moyen de travail circule comme n'importe quelle autre partie ». Seulement, étant donné que son usage, sa consommation productive, ne peut s'abolir en un seul cycle, parallèlement, à l'autre pôle, sa forme valeur se fixe. Mais, celle-ci une fois régénérée, circule. D'où la remarque que nous avons déjà citée: « Nous avons vu du reste que toute la valeur capital est engagée dans une circulation continuelle et qu'en ce sens, tout capital est capital circulant ». [9]

 

Le capital au cours de son développement essaye de détruire cette fixation. Ι1 ne peut abolir le phénomène naturel, un usage plus ou moins prolongé, mais il peut empêcher que la valeur ne reste fixée, ne soit thésaurisée. Grâce au crédit, elle peut circuler ce qui permet un accroissement de la production capitaliste, mais aussi celui de 1a spéculation.

 

b) Cas de la circulation

 

Μ' A'.

Or, «avec le développement de la production capitaliste, l'échelle de la production est de moins en moins déterminée par la demande immédiate du produit et de plus en plus par le volume du capital dont dispose le capitaliste individuel, par la tendance de son capital à la valorisation et par la nécessité d'assurer la continui et l'extension de son procès de production. Ainsi augmente nécessairement, dans chaque branche particulière de la production, la masse de produits qui se trouve sur le marché, cherche son écoulement comme marchandise. Ι1 y a accroissement de la masse de capital fixée pour plus ou moins de temps sous forme de capital marchandise. Ι1 y a donc accroissement de la provision de marchandises». (Le Capital, Livre ΙΙ, t. 4, ρ. 133). Pour le capitaliste individuel, les choses se passent ainsi: il devra attendre un certain laps de temps avant de voir le retour de son capital avancé, engrossé d'une plus-value. Ce temps est celui de 1a circulation. Le capitaliste doit donc pour assurer la continui de la production faire une nouvelle avance de capital. K. Marx analyse plusieurs cas: période de circulation supérieure à celle de production, inférieure ou égale à celle-ci. Du capital, dans tous les cas, est fixé, immobili au cours de 1a circulation. Ι1 ne peut assurer sa fonction réelle qui est de se valoriser parce qu'il est plus ou moins fi à un stade donné de la réalisation de sa valeur valorisée. De ce fait, la continuité du procès total de production pourrait être interrompue, le capitaliste ne pouvant pas faire l'avance nécessaire. De là, la nécessidu crédit. « Dans la production fondée sur le capital, c'est donc par hasard que se réalise sa condition essentielle: la continui des différents procès formant son procès total. La suppression (Aufhebung) par le capital lui-même de ce hasard est le crédit». (Fondements, t. 2, ρ. 27).

 

Mais un phénomène antagonique peut se produire. Si, en effet, la période de circulation est par exemple de sept semaines alors que celle de production est de trois, le capitaliste devra faire une première avance pour le procès des trois premières semaines (300), puis pour les trois suivantes (300), mais il restera encore une semaine pour avoir le retour du capital avancé. Ι1 est donc oblide faire une troisième avance. Á 1a fin de cette septième semaine, le premier capital marchandise a enfin accompli sa métamorphose Μ. 300 en A. 300 (en comptant un capital de 100 pour chaque semaine). Or, pour que le troisième procès de production s'achève, seule une partie de ce capital est nécessaire (200). Le reste est liré (100). Ι1 y a trop de capital par rapport au procès de production qui se déroule. Ceci se produit aussi pour deux autres raisons: la contraction de 1a période de circulation ou de celle de production. Á ce moment là une pléthore de capital peut se produire: «Ι1 y a pléthore en ce sens qu'une partie de la valeur capital avancée devient superflue pour la mise en oeuvre de tout le procès social de reproduction (lequel comprend le procès de circulation) et est par suite éliminée sous forme de capital-argent; l'échelle de la production et les prix restant les mêmes, cette pléthore résulte de la simple contraction de la période de rotation. La masse - plus ou moins grande - de l'argent en circulation n'a pas exercé ici la moindre influence ». (Livre II, t. 4, ρ. 263).

 

L'ensemble de ce capital liré est une des bases du système de crédit. Ainsi, ί1 ne restera pas fixé, thésaurisé, mais pourra entrer dans, de nouveaux procès de production, il pourra se valoriser. «Avec le développement du crédit, le capital argent dégagé par le simple mécanisme du mouvement de rotation jouera un rôle considérable (à côté du capital argent, aux entrées successives du capital fixe et du capital argent nécessaire, comme capital variable, dans chaque procès de travail); ί1 constituera enme temps une des bases de ce même crédit ». (« Le Capital ». Livre II, t. 4, ρ. 263). Ainsi le capital semble pouvoir assurer une valorisation sans fin et détruire les barrières s'opposant à son développement,

 

Un troisième cas de fixation et de liration se produit lors de la variation des éléments avancés dans le procès de production immédiat. « Par fixation du capital, nous entendons ceci: il faut que certaines proportions données soient prélevées sur la valeur totale du produit pour être reconverties de nouveau (c'est ce qui était indiqué dans le passage des Grundrisse précédemment cité, n.d.r.) en éléments du capital constant ou variable, si l'on veut que 1a production se poursuive à la même échelle. Par liration du capital, nous entendons le fait qu'une fraction de la valeur totale du produit qui, jusqu'alors, devait nécessairement être reconvertie en capital constant ou variable est rendue disponible et excédentaire, si l'on veut que la production continue à l'ancienne échelle. Cette libération ou fixation du capital diffère de la libération ou fixation du revenu ». (Le Capital, Livre III, t. 6, ρ. 128).

 

Trois conséquences résultent de cela:

 

1) Tendance à réduire le salaire au minimum

 

2) Tendance à se procurer les matières premières au prix le plus bas. Ceci est réalisé avec le colonialisme et l'impérialisme. Les nations industrielles, c'est-à-dire à haut développement du capital utilisent toutes leurs forces pour empêcher les pays dits sous-développés, producteurs de ces matières premières, d'accroître leurs prix et même de se moderniser, car cette modernisation aurait pour résultat inévitable le renchérissement des matières produites. Ici le capital aurait tendance, pour assurer sa propre valorisation, à ne pas se développer dans l'espace, à limiter son extension autant qu'il se peut. Et, il est vrai, que de nouveaux pays ne purent passer au système capitaliste de production qu'à 1a suite de la révolution contre le capital lui-même (Russie: révolution double; Chine: révolution paysanne-capitaliste) ou à la suite de crises et de guerres comme ce fut le cas de l'Allemagne et de l'Italie.

 

3) Dans cette lutte pour diminuer la valeur des composants du capital productif, le capital se heurte à une autre force beaucoup plus efficace car elle opère là où le capital s'est développé: la rente foncière. Ceci n'est pas limi aux produits de l'agriculture, mais vaut pour 1a construction, en particulier celle des implantations industrielles. Ici le capital se heurte à la propriété privée. Ι1 ne peut détruire cette barrière sans détruire la base même sur laquelle il s'est édifié. C'est le cas, comme dit K. Marx, où le capital entre en contradiction avec sa base mesquine.

 

Nous trouvons ici le lien entre fixation et libération de capital, valorisation et dévalorisation de celui-ci. Dans le premier cas, cela veut dire que les parties constitutives du capital productif ont une valeur plus grande, tandis que la dévalorisation est liration. Or, le capital est valeur en procès, la valeur se valorisant. Elle ne peut pas rester fixée et donc, pour circuler, entrer dans de nouveaux cycles il faut qu'elle soit lirée. Alors, le capital qui est valorisation, se nie et devient dévalorisation. «Considéré exactement, le procès de valorisation du capital apparaît - l'argent ne devient capital que par le procès de valorisation - en même temps comme son procès de dévalorisation, sa démonétisation. Et cela en deux sens: premièrement dans 1a mesure où le capital n'augmentant pas le temps de travail absolu, mais diminuant le temps de travail nécessaire relatif en augmentant la force productive, il réduit les frais de sa propre production, de sa valeur d'échange, dans la mesure où il était présupposé en tant que somme déterminée de marchandises. Une partie du capital existant se dévalorise constamment par la diminution des coûts de production qui pourront servir à le reproduire, non par la diminution du travail qui est objectivé en lui, mais par celle du travail qui est nécessaire pour qu'il s'objective dans un produit déterminé. Cette constante dévalorisation du capital existant n'a pas à être traitée ici: elle suppose déjà que le capital soit achevé. On doit seulementt la noter afin d'indiquer que ce qui se développera ulterίeurement (das Spätere) est déjà contenu dans le concept général de capital. Elle appartient à l'étude de 1a concentration et de la concurrence entre les capitaux ». (Fondements, t. 1, pp. 358-359). En effet, les divers capitaux issus du procès de production vont s'affronter et la circulation ne réalisera pas obligatoirement la valeur suppmentaire qu'ils ont acquise au sein de celui-ci. La loi de l'égalisation des taux de profit est ici annoncée. Notons que la dévalorisation se manifeste au sein du procès de production immédiat, mais ne se réalise réellement qu'au sein de la circulation qui est en fait la période de dévalorisation par excellence. Ainsi le procès total, unides deux, est un procès antagonique.

 

Remarque Ι - Socialisation et dévalorisation.

 

On ne peut comprendre les notions indiquées plus haut que si on a bien en vue que le produit du capital est la plus-value, ou sa forme modifiée, le profit. Celui-ci doit apparaître comme quelque chose de bien distinct; il doit se différencier nettement du capital qui l'a engendré. Si donc la valeur-capital avancée est trop grande elle inhibe en quelque sorte la création du profit parce qu'il sera difficile d'arriver à ce que k' - k = π, ou que k ou x se transforme en k + Δ k, en x + Δ x. D'où la nécessité, pour permettre cet accroissement, d'une diminution de la valeur avancée: c'est 1a dévalorisation. Ceci est encore plus valable à l'échelle sociale, lorsque le capital fixe est tel que pour obtenir un produit, il n'y a plus besoin que d'une très faible quantide travail vivant (le capital fixe semblant être capable d'engendrer spontanément le produit). Dans ce cas, le travail vivant est absorbé en grande partie pour conserver la valeur avancée (un des aspect du procès de valorisation), mais il n'apporte quasi plus d'incrément de valeur. C'est le stade de la socialisation de la production. D'où la contradiction déjà inscrite dans le procès de production immédiat: pour assurer la valorisation du capital existant, il faut dévaloriser celui antérieur; le surgissement d'un incrément de valeur est alors possible.

 

Ceci nous explique l'évolution du capitalisme. À l'origine, il développe énormément le capital fixe parce qu'il accroît par là-même sa domination sur l'ensemble de la société et surtout sur les ouvriers (en plus des possibilités de spéculation que cela implique: la construction des chemins de fer en Angleterre en est le meilleur exemple). Le développement du capital fixe permet d'une part de former l'armée industrielle de réserve qui fait pression sur la population ouvrière active et fait diminuer les salaires; d'autre part, il est un moyen pour enlever au prolétariat une partie du produit. C'est ce qu'ont noté, avec force, les premiers opposants au capital qui défendirent les intérêts, du prolétariat. K. Marx a repris leur argumentation en l'intégrant dans le tout de la doctrine communiste. C'est ainsi que dans le Livre IV, t. 7, ρ. 100, il cite le Pamphlétaire (auteur inconnu qui publia un pamphlet: The Source and Remedy of the National difficulties, etc., A letter to Lord John Russel, London 1821): « Ι1 y a du reste, d'après l’anonyme deux moyens qui permettent au capitaliste, lorsque la plus-value ou le sur-travail s'accroît, de ne pas rendre à l'ouvrier la partie de plus en plus grande qu'il lui vole sur son travail:

 

« La première est la transformation du surproduit en capital fixe, ce qui empèche que le fond réservé au salaire, ou la partie du produit consommée par l'ouvrier, ne s'accroisse avec l'accumulation du capital ». C'est ce qui se fait couramment au nom de 1a politique d'investissement. On n'accorde pas l'augmentation de salaire, bien que les chiffres d'affaires aient augmenté, parce qu'il faut rénover la machinerie ou agrandir l'entreprise, etc...

 

Mais plus le capital se développe, plus s'accroît d'une part le machinisme qui fixe grandement la valeur et, d'autre part, dans le même rapport, la socialisation.

 

Aussi, dans sa phase sénile, le capital νa tendre à freiner le développement du capital fixe. Ι1 s'oppose à l'introduction de nouvelles machines. C'est ce que montre F. Engels dans le Livre III, t. 6, p. 274: «Admettons qu'on ait inven une machine qui réduise de moitié le travail vivant nécessaire pour chaque pièce, mais qui, par contre, triple 1a fraction de valeur provenant de l'usure du capital fixe ». Que se passet-il? F. Engels montre que : « Pour une société produisant dans des conditions capitalistes, la marchandise n'est pas devenue meilleur marché, la nouvelle machine ne représente pas un perfectionnement ».

 

« Donc, pour le capital, la loi de l'augmentation de la force productive du travail ne s'applique pas de façon absolue. Pour le capital, cette productivité est augmentée non quand on peut réaliser une économie sur le travail vivant ennéral, mais seulement quand on peut réaliser sur la fraction payée de travail vivant une économie plus importante qu'il n'est ajoude travail passé, comme nous l'avons brièvement indiqué au livre Premier. Ici le système de production capitaliste tombe dans une nouvelle contradiction. Sa mission historique est de faire s'épanouir, de faire avancer radicalement, en progression géometrique, la productivi du travail humain. Ι1 est infidèle à sa vocation dès qu'il met, comme ici, obstacle au développement de la productivité. Par là il prouve simplement, une fois de plus, qu'il entre dans sa période sénile et qu'il se survit de plus en plus».

 

Remarque II

 

Les produits du capital doivent circuler pour réaliser leur valeur. La réalisation va-t-elle se faire en totalité? « La question qui importe ici, c'est: dans la détermination de la valeur n'intervient-il pas un moment qui est indépendant du travail, qui ne provient pas directement de celui-ci, mais dérive de la circulation? » (Fondements, t. 2, ρ. 09). Pour répondre à cette question, il est évident qu'il faut faire intervenir la théorie du prix de production, qui montre qu'effectivement au cours du procès de circulation i1 peut y avoir variation de valeur [10]. Cela est expliqué par l'étude de la concurrence, ce qui nous renvoie donc à notre première remarque.

 

Ιl y a d'autre part une dévalorisation naturelle: « Comme le blé mis en terre en tant que semence, perd sa valeur d'usage immédiate, se dévalorise come valeur d'usage immédiate, ainsi le capital se dévalorise depuis l'achèvement du procès de production à sa tranformation en argent, et de là, à nouveau en capital ». (Ibid., ρ. 09). Le capital est victime de sa métamorphose en capital marchan­dise, il est obligé de se présenter comme ayant une utilité afin d'être consommé. Consommation qui posera la nouvelle métamor­phose en capital argent où il pourra retrouver sa caractéristique essentielle (son usage immédiat) la valorisation. C'est pourquoi 1a consommation est un autre domaine où le capital peut se fixer.

 

c) Cas de la consommation

 

Nous avons vu qu'au cours du procès de production immédiat, naissait la plus-value. Celle-ci apparaît d'abord sous forme de marchandise dans les divers éléments qui constituent le produit de ce procès. Ensuite, au cours du procès de circulation, elle est transformée en argent. Maintenant elle peut être soit utilisée pour accroître les dimensions du procès de production (reproduction élargie) soit consommée (reproducton simple) enfin, il peut y avoir des cas intermédiaires entre ces deux extrêmes.

 

Ι1 apparaît tout de suite évident que si la plus-value était consommée en vue de la jouissance, le procès de valorisation ne serait plus que procès de conservation de la valeur, i1 n'y aurait plus d'incrément de valeur. Ou, ce qui revient au même, l'incrément serait fipar la jouissance et ne pourrait pas retourner dans le procès de production. C'est pourquoi le cas où le capitaliste consommerait 1a plus-value en tant que bon vivant est impossible. « Faire cette supposition, c'est supposer l'inexistence de la production capitaliste et, par suite, l'inexistence du capitaliste industriel lui-même ». (Le Capital, Livre II, t. 4, ρ. 111). Cela veut dire: en montrant une fois pour toutes que la clef du système capitaliste n'est pas le désir des capitalistes individuels de jouir des profits, mais que c'est l'exigence impersonelle du capital social (force sociale que seule une volution pourra abattre) de s'accroître d'une plus-value, on démontre par la même la nécesside la mort du capitalisme et donc sa non existence scientifiquement déterminée, indiquée par K. Marx. Seule une science revolutionnaire et non plus doctrinaire (Mire de 1a Philosophie, p. 100) peut obtenir un tel résultat!

 

La condamnation du capitaliste à ne pas jouir, mais à accumuler dépend, d'autre part d'un autre motif «technique». Ιl ne faut pas seulement que le capitaliste constitue un capital de réserve afin de tenir tête aux oscillations des prix et de pouvoir attendre, pour acheter et pour vendre, les conjonctures les plus favorables; il faut qu'il accumule du capital pour étendre par là la production et incorporer les progrès techniques à son organisation productive ». ( Le Capital, Livre II, t. 4, ρ. 111).

 

Le capitaliste qui, à un certain stade, ne peut pas moderniser ses installations, sera englouti et exproprié par les plus forts. Quant aux salaires (capital salaire) ils sont utilisés à la demande de marchandises de consommation; l'ouvrier ne peut pas économiser et accumuler.

 

K. Marx à prévu ici le phénomène moderne du truc par lequel le capitalisme tente de retarder sa mort escomptée, en augmentant la demande des ouvriers grâce aux ventes à crédit, mesure folle entre toutes. «Du fait que l'ouvrier convertit son salaire principalement en subsistances et, pour la partie la plus considérable en subsistances nécessaires, la demande capitaliste de force de travail est indirectement une demande d'objets de consommation entrant dans la consommation de la classe ouvrière. Mais cette demande est égale à ν sans un atome de plus (quand l'ouvrier épargne sur son salaire, - nous laissons forment de côté ici toutes les question de crédit - cela veut dire qu'il thésaurise une partie de son salaire et cesse dans cette mesure de se présenter en demandeur, en acheteur». (Ibid.,p. 109). En acquérant à crédit, sans argent, l'ouvrier vend sa force de travail future, comme s'il vendait sa propre vie et se faisait esclave [11]. Mais par là-même le capital a surmonté la fixation et se valorise.

 

Parallelement, les économistes qui, à l'origine du capital avaient fustigé la jouissance, la proclament nécessité. Ils déclarent cela parce que le capital s'est affranchi des besoins humains, pour satisfaire les siens qui sont: besoin de travail vivant pour se valoriser, besoin de faire consommer les marchandises afin de réaliser la plus-value qu'elles contiennent. Ιl faut pour écouler les quantités croissantes de celles-ci une quantité croissante d'hommes. Le capital semble se nier. En fait, il veut des esclaves consommant, et les classes moyennes qui vivent de la réalisation de 1a plus-value, sont des classes d'esclaves à la consommation du capital. En effet, si elles consommaient la plus-value, au lieu de permettre sa réalisation, elles fixeraient la valeur et entraveraient donc le procès du capital.

 

d) Cas de l'intérêt

 

Originellement, il existe une cause de fixation de la valeur: c'est l'intérêt. K. Marx indique que le capital industriel se conduit en polémiste vis-à-vis du capital usuraire, forme anté-diluvienne du capital.

 

Dans l'agriculture, par exemple, le fermier devait non seulement donner une part de plus-value au propriétaire foncier (la rente), mais il devait en fournir une autre au prêteur d'argent: l'intérêt. Ce dernier personnage fixait ainsi une partie de la plus-value qui ne pouvait ainsi se capitaliser, devenir capital et servir à un nouveau procès de valorisation. L'usure s'accompagnant de thésaurisation. « Á de rares exceptions près l'époque de 1650 à 1750 ne connaît que la lutte contre le capital-argent et la propriété foncière. La noblesse menant la vie à grandes guides, se voyait de mauvaise grâce «mangée» par les usuriers qui, depuis l'établissement du crédit moderne et du système de la dette d'État à 1a fin du XVIIème siècle, étaient devenus tous puissants dans la législation etc.

 

C'est sous cette première forme que le capital regimbe contre la propriété foncière. L'usure fut du reste un des principaux revenus du propriétaire foncier. Mais le capital industriel et le capital commercial marchent plus ou moins la main dans la main avec la propriété foncière, dans la lutte contre cette vieille forme du capital ». (Capital, L. IV, t. 1, pp. 23-24).

 

«La polémique engagée par les économistes bourgeois du XVIIème siècle (Child, Culpeper, etc.) contre l'intérêt en tant que forme autonome de la plus-value n'est que la lutte de la bourgeoisie industrielle naissante contre les antiques usuriers qui, à cette époque, monopolisaient toute la fortune en argent. Le capital productif d'inrêt n'est encore qu'une forme andiluvienne du capital qu'il faut subordonner au capital industriel et mettre dans 1a situation dépendante qu'il doit théoriquement et pratiquement occuper dans la production capitaliste. Dans ce cas, comme dans tous les autres, la bourgeoisie n'hésitait pas à faire appel aux pouvoirs publics, dès qu'il s'agissait d'adapter les anciennes conditions traditionnelles de la production à ses propres conditions». (Capital, Livre IV, t. 8, pp. 145116). « L'État fait violence au capital productif d'inrêts, abaisse par force le taux d'inrêt, afin d'empêcher ce capital de dicter ses conditions au capital industriel. Mais c'est là une forme qui est propre aux stades les plus inférieurs de la production capitaliste. Le capital industriel a une manière personelle de se soumettre le capital productif d'inrêts, c'est la création d'une forme qui lui est propre, le système de crédit. L'abaissement arbitraire du taux d'inrêt est une forme que le capital industriel emprunte encore aux méthodes des anciens modes de production, mais qu'il rejette comme inutiles et impropres dès qu'il se sent fort et a suffisamment conquis de terrain.» (Ibid, pp. 147-48).

 

Le capital est donc arrivé à surmonter la fixation. Ιl intègre la valeur qui, auparavant, était accaparée; maintenant ce n'est plus qu'une question de répartition à l'inrieur de la classe capitaliste. La fraction de la plus-value qui prend la forme de l'intérêt νa tout de même être capitalisée et entrer dans de nouveaux procès de valorisation.

 

e) Cas de 1a reproduction du capital: échange entre les deux sections

 

La valeur peut, dans un dernier cas, se fixer lors de l'échange entre les deux sections de la société. En effet, par suite du monopole de la propriété privée, une partie de la plus-value sociale se fixe sous forme de rente foncière. On comprend de ce fait la lutte acharnée des capitalistes contre les propriétaires fonciers, afin de détruire la rente. Ceci cesse lorsque le capital qui, à l'origine, se trouvait en face d'une propriété qui ne lui convenait pas parvint à créer la forme qui lui convenait, «en subordonnant l'agriculture au capital ». (Livre III, t. 8, ρ. 9). Á ce moment-là la rente est devenue capitaliste.

 

Ιl y a donc une cause de fixation objective, puisque le capital ne peut pas détruire la propriété privée. Les impératifs de sonveloppement infini buttent contre la base étroite sur laquelle il s'est édifié. Le capital, il est vrai, tend à éliminer la rentre absolue, mais non celle différentielle. Cette dernière, au contraire, est comme on peut le voir dans le cas des terrains à bâtir, la source d'un nombre considrable de spéculations; dans le cas de l'agriculture, elle est la cause du renchérissement continuel des prix agricoles [12].

Ainsi tombe une autre objection qu'opposaient les économistes à la théorie de la valeur et que K. Marx avait déjà réfutée dans Mire de la Philosophie. «La dernière contradiction et la plus péremptoire en apparence, quand elle n'est pas, comme à l'ordinaire, présentée sous la forme d'exemples baroques, est la suivante: si la valeur d'échange n'est autre que le temps de travail contenu dans une marchandise, comment les marchandises qui ne contiennent pas de travail peuvent-elles posséder une valeur d'échange, ou, autrement dit, d'où vient la valeur d'échange de simples forces de 1a nature? Ce problème est résolu dans la théorie de 1a rente foncière ». (Contribution, ρ. 38) [13]

 

Une même exigence se fait sentir dans tous les aspects du développement du capital: la valorisation de la valeur. Pour que cela se réalise, il ne faut pas qu'elle se fixe. Mais en fait, cette exigence se traduit en des comportements différents du capital au cours de son histoire. Ι1 est donc nécessaire d'envisager le devenir de cette valeur parvenue à l'autonomie, et, étudier comment en tendant à surmonter toutes les fixations elle parvient à conserver celle-ci. Ce qui implique, en même temps, la question de savoir ce que devient la loi de la valeur dans la société capitaliste.

 

ΝΟΤΕ A PROPOS DU PROCÈS DE PRODUCTION IMMÉDIAT DU CAPITAL

 

 

Ιl est important de constater que dans le Livre Ι, K. Marx, après avoir expliqué ce que sont procès de travail et de valorisation tels qu'ils se manifestent lors du surgissement du capital, donc sur la base de sa domination formelle, montre comment le procès de production immédiat, unité des deux précédents, devient procès de production du capital. Le passage de la domination formelle à la domination réelle est lié à cette transformation.

«Le capital se soumet [14] d'abord le travail avec les conditions de travail, tel qu'il le trouve historiquement. Il ne transforme pas immédiatement le mode de production. » (L. Ι, t. 2, ρ. 303). Pour saisir l'importance de ce changement pour le mode de production capitaliste, d'une part, pour 1'exposé théorique de K. Marx, de l'autre, il faut tenir compte que celui-ci a d'abord exposé 1a formule nérale du capital et qu'il a ensuite présenté le concept, en expliquant le concept de plus-value. Á partir de là son analyse qui avait été surtout logique (réductible - et il y en a qui ne s'en sont pas privés - à une analyse structurale, dès lors qu'on a bien paré les premières pages du Capital d'avec le reste de 1'œuvre) devient une phénoménologie du capital. Dès 1a formule nérale du capital K. Marx avait montré que celui-ci est un être: la valeur se valorisant, la valeur en procès; il expose ensuite dans la section 3 «la production de plus-value absolue» et la section 4 «la production de plus-value relative» comment le capital s'incarne, prend corps (einverleiben) et, pour scandaliser nos structuralistes, comment d'un concept il devient nature; il acquiert une nature, grâce à 1a transformation du procès de travail en procès du capital, le procès de production devient le procès de production du capital.

 

«En tant que coo