4. – LE DÉVELOPPEMENT DU CAPITALISME

 

 

 

 

"Dans la société bourgeoise achevée, chaque rapport économique en suppose un autre sous sa forme bourgeoise et économique, l'un conditionnant l'autre, comme c'est le cas de tout système organique. Ce système organique lui-même dans son ensemble, a ses présuppositions propres et son développement total implique qu’il se subordonne tous les éléments constitutifs de la société οu qu'il crée à partir de lui-même les οrganes qui font encore défaut. C'est ainsi qu'il devient historiquement une totalité. Le devenir vers cette totalité constitue un élément de son processus, de son développement."

 

K. Marx

Fondements de la critique de l'économie politique

 

 

4.1.- Caractères généraux du capitalisme.

 

4.1.1. - Le capital est la valeur d'échange parvenue à l'autonomie. En lui, elle est devenue procès. Le capital est mouvement, il est un être en devenir. Cette définition englobe toutes les autres: il est une somme de valeurs, il est un rapport social, etc... D'autre part, elle englobe toutes les déterminations particulières et ses métamorphoses: capital-marchandise, capital-productif, capital-argent, etc...

 

4.1.2. - Le capital n'a que deux modalités essentielles différentes d'étre il est capital circulant οu capital fixé. Ι1 est fidès qu'il n'est plus en train de se valoriser, c'est-à-dire en train de passer d'un quantum donné à un quantum accru. En conséquence, il peut tout aussi bien être fixé dans le procès de production que dans celui de circulation. Le capital-argent peut être lui-même du capital fixé.

 

4.1.3. - La vie historique du capital est remplie par ses luttes pour lever les barrières, les obstacles à sa valorisation, pour se rendre autonome et détruire toute fixation. Deux période essentielles :

a - Phase de domination formelle οù la production de plus-value absolue est déterminante.

b - Phase de domination réelle οù la production de plus-value relative relaie la précédente et devient prépondérante. Le procès de valorisation l’emporte de plus en plus sur celui de travail et le masque. Sur le plan social cela implique que le capital tend de plus en plus à dominer le prolétariat[i]

4.1.4. - La contradiction fondamentale du capital est celle entre valorisation et dévalorisation. Plus le capital se développe plus il lui est difficile d'avoir une augmentation importante de plus-value relative.

 

(Δp = variation de plus-value, n = travail nécessaire, T= durée de la journée de travail ρ = productivité)[1]

Cette formule indique que plus ρ augmente plus la valorisation du capital est difficile. La limite de celle-ci est le grand ennemi du capital: le prolétaire, puisque pour un ρ infini, la variation est égale au rapport n / Τ. Ici. nous retrouvons une affirmation constante de Marx: le rapport entre les choses masque le rapport entre le monstre capital et les hommes. Le capital ne peut pas s'affranchir de la nécessidu travail vivant. La lutte est incluse dans le rapport capitaliste.

 

4.1.5. - Cette contradiction se manifeste autrement par l'antagonisme privatisation socialisation. Plus le capital se développe, plus il socialise, créant de vastes unités productives et créant des liens absolus entre les hommes. Or les implantations sociales, telles que routes, chemins de fer, etc., immobilisent le capital. Ι1 faut donc en extraire des portions, privatiser, pour que le cycle de valorisation reprenne.

La contradiction s'effectue entre la base sur laquelle s'est édifié le capital (loi de la valeur) et le résultat auquel il aboutit: la socialisation de la production, des hommes, ainsi que la négation tendancielle de la valeur par suite de l'utilisation de la science devenue "force productive immédiate".

 

4.1.6. - Lorsqu'on veut tenir compte des lois de la concurrence et que l'οn considère le capital comme une totaliqui domine la société, la formule donnant le rapport du taux de plus-value au taux de profit, montre aussi les limites de la valorisation :

pour que пaugmente il faut que p' (taux de plus-value, п’étant le taux de profit) augmente considérablement puisque le rapport v/k tend toujours à diminuer. Comme dans le cas précédent, ceci est lié à la productivité qui s'accroît énormément, ce qui se traduit par le fait qu'il y a de moins en moins de temps de travail vivant dans les produits.

 

4.1.7. - La circulation se présente comme étant la période au cours de laquelle le capital ne se valorise pas. Elle est donc un temps de dévalorisation. Le capital tend à détruire le temps de circulation mais, étant donné qu'il est un système édifié .sur l'échange, il ne peut le faire. Or pour faire circuler il faut dépenser du temps de travail. Celui-ci apparaίt nécessaire non à la création de valeur, mais à sa réalisation. La notion de travail nêcessaire prend une signification plus ample: c'est le temps de travail nécessaire à la vie du capital. D'où, en société pleinement capitaliste, la valeur apparait comme étant déterminée par le temps de production et par celui de circulation.

 

4.1.8. - D'aprés 4.1.4. la diminution du temps de travail nécessaire implique une diminution de la population ouvrière. Cependant étant donné 4.1.7. il s'avère que la population globale doive augmenter puisque la circulation du capital exige de plus en plus de temps de travail. Les éléments produisant la plus-value forment le prolétariat, ceux qui permettent la réalisation de celle-ci forment les nouvelles classses moyennes.

 

4.1.9.- La concurrence est la forme sous laquelle se manifeste la circulation en société capitaliste, quand tout est devenu capital et que les marchandises ne sont plus les marchandises de la circulatien simple, mais des marchandises capital, du capital sous forme marchandises. Comme le capital tend à dominer, à abolir la circulation sans y parvenir, il tend à abolir la concurrence: monopoles, trusts. Mais monopole (proprprivée) concurrence (circulation) sont des présuppositions du système capitaliste parce qu'ils sont les termes essentiels de l'échange. Or le capital est fondé sur ce dernier. Pour parvenir à son autonomie le capital tend à englober ces éléments, d'οu la mystification.

"Par définition la concurrence est la nature interne du capital. Sa caractéristique essentielle est d'apparaître comme l'action réciproque de tous les capitaux: c'est une tendance interne apparaissant comme imposée de l'extérieur. Le capital n'existe et ne peut exister, qu'en étant divi en d'innombrables capitaux â c'est pourquoi il est conditionné par l'action et la réaction des uns sur les autres."(Marx. Fondements, tome Ι, p. 371.)

 

4.1.10. - Pour assurer la continuide son procès de valorisation, le capital, en particulier durant la période de circulation, a besoin du crédit (création de capital fictif). Ι1 a d'autre part besoin de ce dernier pour diminuer les coûts de la circulation (l'or coûte pour être produit); voilà deux raisons pour s'affranchir de la tutelle du métal précieux.

"C'est pourquoi l'argent, sous sa forme immédiate, correspondant à une phase historique anrieure au capital, apparait à celui-ci comme frais de circulation. Le capital s'efforcera donc de le convertir en une forme qui lui soit adéquate, en en faisant le représentant d'une phase de la circulation qui ne lui coûte pas de travail et n'a pas de valeur. Le capital cherche donc à supprimer l'argent sous sa forme et son existence traditionnelles et immédiates et à le transformer en un produit du capital., en en faisant un produit purement idéal, c'est-à-dire matériellement aboli,"

"On ne saurait donc dire, avec Storch, que l'argent est, ennéral, un moyen d'accélérer la circulation du capital. Ιl faut dire, au contraire, que le capital le transforme en un moment purement idéal de sa circulation, en s'efforçant de lui donner une forme qui s'accorde avec lui," ( Fondements, t.II, p. 186. )

 

4.1.11. - Le capital réalise cela en développant le crédit. Cependant, il ne peut pas y avoir une démonétisation de l'or.

"Avec le développement du système de crédit, la production capitaliste cherche continuellement à lever cette barrière de métal, cette barrière à la fois matérielle et imaginaire de la richesse et du mouvement de celle-ci, mais revient toujours se buter la tête contre ce mur." (Le Capital. t.7, p. 234. )

Ι1 en est ainsi parce que l'or est un signe de propriété privée du travail d'autrui qui reste valable même lorsqu'il y a crise. Le capital fondé sur l'échange travail mort - travail vivant, ne peut s'émanciper de la base étroite sur laquelle il s'est édifié. Ι1 ne peut que la voiler.

"L'existence autonome et illusoire de l'argent est abolie: il existe pour se valoriser, c'est-à-dire pour devenir du capital. Pour le devenir, il devra s'échanger de nouveau contre les éléments du procés de production :moyens de subsistance pour l'ouvrier, matières premières et instruments, qui se ramènent tous à du travail objectif et ne peuvent être créés que par le travail vivant,"

" Pour autant qu'il est déjà en soi du capital, l'argent n'est donc qu'une simple assignation sur du travail futur (et nouveau ); matériellement, ce n'est que de l'argent."

" Pour autant qu'elle existe pour elle-même, la plus-value - l'excédent de travail matérialisé est de l'argent. mais cet argent est en soi déjà du capital et, en tant que tel, assignation sur du travail nouveau. À ce niveau, le capital n'entre plus seulement en rapport avec le travail existant, mais encore avec le travail futur."

"Ι1 ne coïncide pas simplement avec des éléments du procés de production, car c'est aussi de l'argent, mais il n'est plus de l'argent sous la forme abstraite de la richesse générale, mais sous forme d'assignation sur la possibiliréelle de la richesse universelle : la force de travail, οu plus préciment la force de travail en devenir. Pour représenter une telle assignation, son existence matérielle d'argent est indifférente et peut être remplacée par n'importe quel autre titre de papier. (…)

"À l'instar du créancier de l'État, chaque capitaliste possède dans sa valeur nouvellement acquise, une assignation sur du travail futur; en s'appropriant le travail présent, il s'approprie en même temps le travail futur. Cet aspect du capital mérite une attention particulière. En effet sa valeur peut subsister indépendamment de sa substance. C'est tout le fondement du système du crédit.)

" Son accumulation monétaire porte donc sur des titres de propriété du travail; ce n'est nullement l'accumulation matérielle des conditions objectives du travail. Ιl implique donc le travail futur sous forme salariée et de valeur d'usage pour le capital. Ι1 n'y a pas dquivalent pour la valeur nouvellement créée : la possibili pour elle, c'est le travail nouveau." (Fondements, t. Ι. p.320-32Ι.)

 

4.1.12. - Le capital s'est édifié au sein de la circulation simple des marchandises en dominant la loi de la valeur. Au cours de son développement il parvient à la dominer (passage à la loi des prix de production), mais il ne peut la détruire: Cela impliquerait la disparition du prolétariat, de l'échange, de la propriété privée. Ι1 tend à nier sa substance, le travail vivant, mais il ne peut l'éliminer,

 

4.1.13. - Le capital s'est emparé de la terre, il industrialise l'agriculture. Cela se traduit par une production exdentaire de produits standardisés avec tendance de plus en plus à les remplacer par des produits non naturels. Le capital sort de la sphère de la satisfaction des besoins matériels de l'homme (le superflu est plus facile à produire que le nécessaire. Marx. Mire de la philosophie. 1847.) L'agriculture soumise aux lois du capital, cela implique une crise à venir plus puissante et, par là, la faim pour l'homme.

"Le mouvement ascendant du capital, face à la propriété foncière, se manifeste à l'origine par l’augmentation de la richesse mobilière par apport à la propriété immobilière. Mais, une fois que le mode de production capitaliste est bien instauré, on mesure le niveau οù il s'est assujetti les conditions de production à la transformation du capital en propriété immobilière. Ainsi, le capital fixe son siège dans la terre elle-même. Désormais les présuppositions si solides, fournies par la nature à la propriété foncière, relèvent de la seule industrie." (Fondements. t. Ι, p. 264)

 

4.1.14. - Plus il se développe, plus le capital tend à remplacer les antiques présuppositions telle que la terre. Ι1 devient lui-même communauté matérielle qui présuppose la vie de tous les hommes esclaves du capital. Une telle coτnmunaua besoin de différentes organisations pour se développer, en particulier, des instituts de programmation, de rationalisation qui permettent de défendre l'autonomisation  du procès de valorisation.

L'État lui-même devient un tel organe à fonction surtout répressive: empécher que les hommes ne se soulèvent contre le monstre capital, ne nuisent â son procés.

À ce niveau dire que la contradiction fondamentale est celle entre production sociale et appropriation privée, n'est pas suffisant si l'on ne précise pas que celui qui s'approprie est, en fait, le capital communauté matérielle.

 

4.1.15. - Le capital s'édifie en communauté matérielle au travers du capital fixe et circulant. Mais ceci est surtout réalisé par l'intermédiaire du capital pour le crédit, par celui sous forme de capital par actions, enfin par le capital sous forme de marché monétaire.

"Dans le marché monétaire, le capital devient une totalité: il y détermine les prix, il y offre le travail, il y règle la production, bref il y est source de production." (Fondements, t.I., p. 224)

C'est sous la forme de cette communauté que le capital tend à réaliser son éternisation.

 

4.1.16. - Le capital tend à nier les classes et donc son ennemi le prolétariat. En se constituant en communaumatérielle, il s'empare de l’État dont le caractère de classe vient à être masqué. Le capital est représenpar des bureaucrates, des technocrates, c'est-à-dire des agents exécuteurs de son procés de vie. D'autre part, l’État s'accroît énormément car les oppositions au capital se multiplient et le contrôle de la vie sociale dans sa totalité devient de plus en plus nécessaire. L'État est non seulement le "boa constrictor" qui enserre la société, il tend à être la société.

La politique des revenus, est une tentative de rationalisation des rapports sociaux sous la domination du capital. Chacun devrait récurer en fonction de ce qu'il aurait invest: l'entreprise le profit, le salarié son salaire, etc… C'est en même temps la tentative de parvenir, par le contrôle de 1'épargne, à planifier l'apport de capital sous forme argent, à réduire οu à accroître la consommation en fonction du procès total de valorisation de celui-ci.

 

4.1.17.- Le capitalisme fondé sur l'échange, la division d'entreprises, arrive à englober l'anarchie de la production, à la planifier, non à la détruire. Ι1 est possible dliminer les conséquences nocives de celle-ci sans la remettre en cause. La nécessité de franchir les obstacles, les barrières qu'il rencontre, ont conduit le capital à son édification en communaumatérielle. Si celle-ci se réalise trop bien, il y a inhibition du procès de valorisation parce que celui-ci ne peut justement se produire qu'au cours d'un mouvement contradictoire. Cependant l'importance de la crise ne réside pas dans le seul fait d'être un blocage du procès de valorisation (de ce fait sa résolution est remise en mouvement du capital) mais dans le fait qu'elle permet la libération de la lutte entre capital et prolétariat (et, à un stade développé la majorides hommes) incluse dans le rapport capitaliste.

 

 

 

4.2. - Valorisation - Dévalorisation : contradiction fondamentale du capital.

 

 

4.2.1. - Pour situer correctement cette question, il est nécessaire, auparavant,de connaître les limites, les bornes du système étudié.

"Mais, comme il représente la forme nérale de la richesse - l'argent - le capital a la tendance effrénée et illimitée de dépasser ses propres bornes. Chaque limitation est et doit être, pour lui, une barrière, sinon il cesserait d'être du capital c'est-à-dire de l'argent qui se crée lui-même. Si une telle limite déterminée lui apparaissait non comme une barrière tolérable οu inhérente à lui-même, il se dégraderait, passant de la valeur d'échange à la valeur d'usage, et de la forme générale de la richesse à un mode déterminé de substance. Si le capital crée une plus-value de quantidéterinée, c'est simplement parce qu'il ne peut en, une seule fois en produire une quantiillimitée. Mais il est le mouvement de sa constante augmentation. La limite quantitative de la plus-value lui apparait uniquement comme une barrière naturelle à surmonter, une nécessité qu'il cherche toujours à dépasser." (Fondements, Ι, pp. 283, 284.)

 

4.2,2. - "Ces entraves immanentes doivent correspondre à la nature même du capital ainsi qu'à ses déterminations conceptuelles essentielles, Ces limites nécessaires sont les suivantes :

le travail nécessaire, qui représente la limite de la valeur d'échange pour la force de travail vivant, οu du salaire de la population industrielle;

2° la plus-value, qui représente la limite de temps de surtravail ; et, en ce qui concerne le temps de surtravail relatif, la limite du développement des forces productives ;

3° ce qui est la même chose: la transformation en argent de la valeur d'échange ennéral représente la limite de la production; l’échange fondé sur la valeur οu la valeur fondée sur l'échange sont une entrave à la production;

4° ce qui revient à dire que la production de valeurs d'usage est limitée de par la valeur d'échange; autrement dit la richesse véritable doit revêtir unι forme déterminée qui est différente d'elle, une forme qui ne s'identifie absolument pas avec e1le pour pouvoir devenir l'objet de la production." (Fondements.t.Ι, p. 373.)

 

 

4.2.3. - La contradiction valorisation-dévalorisation est la contradiction fondamentale parce qu'elle est inhérente à l'être capital, On 1'a vue se manifester à l'intérieur du procès de production immédiat (4.1.4.). C'est une manifestation non mystifiée. Plus la productivi du travail augmente, plus le quantum de plus-value arrachée à la force de travail diminue.

"Le capital représente la contradiction suivante : il cherche constamment à supprimer le temps de travail nécessaire (ce qui revient aussi à ravaler l'ouvrier au niveau le plus bas, c'est-à-dire à son existence de pure force de travail vivante); mais le temps de surtravail n'existe qu'en opposition au temps de travai1 nécessaire si bien que le capital pose le temps de travail nécessaire comme nécessité et condition de sa reproduction et de sa valorisation. Ce développement des forces productives matérielles νa de pair avec le dévelopnenιent des forces de la classe ouvrière : il supprime d'une certaine manière le capital lui-même, (Fondements.t, II, pp. 36-37)

 

4.2.4. - L'échange est une autre donnée de l’être capital. La valeur forme sa substance, il est son mode d'être. Car la valeur ne peut se manifester que dans l'échange.

"Le système d’échanges et tout ce qu'il implique - transformation en argent, valeur autonome - représente donc à la fois la condition et la limite de la reproduction du capital. En effet, la production capitaliste est, en tous points, soumise à l'échange. Même si ces opérations d'échange - la circulation en tant que telle - ne créent aucune plus-value, elles n'en sont pas moins des conditions de réalisation de celle-ci. Et, dans cette mesure elles sont des conditions de production du capital lui-même, sa forme de capital n'étant posée que s'il parcourt ces opérations d’êchange, (Fondements, p. 266.)

D'autre part :

"L'une des conditions de la production fondée sur le capital est donc la production d'une sphère sans cesse grandissante de la circulation, soit qu'elle s'élargisse, soit qu’on y crée plus de points d'échange." (Fondements. t. Ι, p. 364)

 

4.2.5.- C'est justement parcc qu'il ne tient pas compte des limites indiquées ci-dessus que le capital connaît les crises,

" Le capital tend en néral à ne pas tenir compte :

du travail nécessaire qui est la limite de la valeur d'échange de la force de travail vivante; 2° de la plus-value qui représente la limite du surtravail et du développement des forces productives; 3° de l'argent qui est un frein pour la production; 4° des limitations de la production de valeur d'usage dues à la valeur d'échange."

"La surproduction rappelle brusquement au capital que tous ces éléments sont nécessaires à sa production, car c'est cet oubli qui a provoqué une dévalorisation générale du capital. Celui-ci est donc oblide recommencer sa tentative, mais à partir d'un stade toujours plus élevé du développement des forces productives, et avec la perspective d'un effondrement toujours plus grand du capital. Ιl est donc clair que plus le capital est développé plus il apparait lui-même comme une entrave à la production, et donc aussi à la consommation, abstraction faite de toutes les contradictions qui le font apparaître comme entrave fâcheuse de la distribution et de la circulation. ( Tout le système du crédit ainsi que les excès du commerce et la surspéculation qui en découlent, proviennent de la nécessidlargir et de surmonter les barrières de la circulation et de l'échange...)" (Fondements. t, Ι, p. 373-374.)

 

4.2.6. - Le temps de circulation est un temps de dévalorisation. Comme celui-ci tend à s'allonger, cette dernière augmente. Le capital réagit en rationalisant au maximum la circulation. Ι1 peut ainsi réguler, programmer la libération d'une portion de capital qui avait été fixée dans la circulation et fonder un système d'auto-financement. De ce fait si le procès de valorisation est en même temps celui de valorisation (au sein du procès immédiat), celui de dévalorisation (in circulation) νa tendre à être en même temps un procès de valorisation. C'est à ce moment-là. qu'intervient le crédit mais aussi la mystification totale des rapports économiques.

 

4.2.7.- Pour diminuer le temps de travail nécessaire et accroître le temps de sur-travail, il y a eu un développement considérable du capital fixe, "le monstre animé qui matérialise la pensée scieritifique et domine pratiquement tout le processus", mais celui-ci n'engendre aucune valeur, il produit gratuitement, d'où dévalorisation. Surgit alors la nécessité de détruire cotte socialisation qui est inhibition du procès de valorisation.

"Le capital est une contradiction en procès - d'une part, il pousse à la réduction du temps de travail à un minimum, et d'autre part il pose le temps de travail comme la seule source et la seule mesure de la richesse. Ι1 diminue donc le temps de travail sous sa forme nécessaire pour l'accroître sous sa ferme de surtravail. Dans une proportion croissante, il pοse donc le surtravail comme la condition - question de vie οu de mort - du travail nécessaire.

"D'une part, il éveille toutes les forces de la science et de la nature ainsi que celles de la coopération et de la circulation sociales, afin de rendre la création de la richesse indépendante (relativement) du temps de travail utilisé pour elle. D'autre part, il prétend mesurer les gigantesques forces sociales ainsi crées d'après l'étalon du temps de travail, et les enserrer dans des limites étroites, nécessaires au maintien, en tant que νaleur, de la valeur jà. produite. Les forces productives et les rapports sociaux - simples faces différentes du développement de l'individu social - apparaissent uniquement au capital comme des moyens pour produire à partir de sa base étriquée. Mais, en fait, ce sont les conditions matériclles, capables de faire éclater cette base." (Fondements, t.II. p. 222- 223,)

 

4.2.8. - Le capital étant la valeur en procès, il apparaît évident qu'il englobe en lui-même un moment οù il y a dévalorisation, il renferme donc une contradiction. Cette contradiction n'est pas statique elle se développe au cours de la vie du capital.sous une forme tangible. C'est la baisse tendancielle du taux de profit.

"La masse du travail vivant employé diminuant sans cesse par rapport aux moyens de production, qu'elle met en mouvement, par rapport aux moyens de production consommés productivement, il faut bien que la fraction non payée de ce travail vivant qui se concrétise en plus-value voie son rapport au volume de valeur du capital total diminuer sans cesse."

On peut exprimer d'une antre façon cette loi en écrivant :

Ceci est vrai si l'on raisonne à l'échelle sociale οù la somme de plus-value est égale à la somme de profit. Le taux de plus-value étant égal à 100% p = ν, la formule précédente est devenue :

en divisant le second membre par ν on obtient la seconde formule  où γ est égal à c/v, qui est la composition organique du capital. Plus elle est grande, plus la productivi du travail est grande. Cette formule nous indique une fonction toujours décroissante, "donc la tendance progressive à la baisse du taux de profit néral est tout simplement une façon propre au mode de production capitaliste, d'exprimer le progrès de la productivi sociale du travail."

 

4.2.9. - L'analyse purement mathématique de la seconde formule ne nous permet pas de faire une étude des limites du mode de production capitaliste. En effet, si l'on considère que la productivité, donc la composition organique du capital, s'accroît indéfiniment, le taux de profit tend vers zéro. Mais la question est de savoir comment il peut y tendre.

 

4.2.10. - La lutte contre la dévalorisation νa apparaitre comme la lutte contre cette baisse tendancielle du taux de profit. D’où l'importance du cha-pitre ΧIV "Causes qui contrecarrent la loi ". Certaines sont déjà incluses dans ce qui précéde.

1. Augmentation du degré d'exploitation de la force de travail.

2. Réduction du salaire au-dessous de sa valeur."

4. La sur-population relative.

Les points : 3. Baisse des prix des éléments du capital constant. 5. Le commerce extérieur et 6. Augmentation du capital par actions, sont des points indiqués mais non développés. Or, c'est de la manifestation de cela que résulte ce qu'on a appelé 1'inιpérialisme comme si le capital avait changé et, qu'à chose nouvelle, nom nouveau.

 

4.2.11. - "La valorisation du capital existant (c'est-à-dire de ses éléments matériels), qui résulte du développement industriel, se rattache à ce qui précède. Elle aussi est une des causes constantes qui arrêtent la baisse du taux de profit, bien que dans certains cas, elle soit susceptible de réduire la masse du profit par réduction de la masse du capital productif de profit." (Livre III, t.1, pp. 248-249)

a - Une première façon de diminuer les coûts du capital constant fut la méthode colonialiste: la possession foncière des pays produisant les éléments du capital constant. Cela correspond à une forme inférieure du capitalisme. Au XIX° siècle, la plupart des pays capitalistes se sont lancés à la conquête de tous les pays non encore touchés par le développement capitaliste. Ils les opprimèrent, les empêchèrent de se développer et même lorsqu'ils réussirent à le faire, dans l'industrie (Inde), l'agriculture (Algérie) ce  fut de façon parasite sur le corps social du pays qui demeurait enserré dans les anciennes formes.

Le partage du monde, la répartition des colonies en un groupe peu nombreux de pays pouvait définir le capitalisme à un moment donné de son évolution, mais il était impossible de le considérer comme une phase finale, ultime.(Cf. 4.5.)

b - Une seconde façon est, une fois que les pays ont accédé à l'indépendance et qu'il n'est plus possible de faire une pression directe sur eux, d'utiliser les mécanismes monétaires afin de payer les produits moins chers. Ceci vérifiant pleinement ce que dit Marx: "le capitalisme parvient à la totalidans le marché monétaire". Cela implique évidemment que la puissance qui opère ainsi, est une puissance réellement mondiale, jouissant d'un monopole sur le marché : les E.U.

Grâce à la fixation du prix de lor à 35 dollars l'once depuis 1934, les E.U. peuvent acheter avec une monnaie dépréciée des marchandises qui enferment en fait un quantum de valeur plus grand. Par là les E.U. limitent la diminution du taux de profit. De cela, ils n'en sont pas les seuls bénéficiaires, mais l'ensemble des nations hautement développées du point de vue capitaliste et qui exploitent celles qui sont à l'aube du développement. C'est pourquoi la lutte des autres nations capitalistes contre le monopole des E.U. n'est pas une lutte pour détruire ce monopole mais pour le partager.

c - Le capital peut encore obtenir des matières premres à vil prix en produisant des matières premières de remplacement, artificielles.

"Ιl s'ensuit d'abord que le capital tend nécessairement à se rendre maître de la production sous toutes ses formes, et notamment à produire lui-même des matières brutes qu'il façonnera, οu qu'un autre capital produira; le capital tend à se diffuser partout." (Fondements,t.II p 303)

 

4.2.12. - "Pour autant que le commerce extérieur fait baisser le prix soit des éléments du capital constant, soit dcs subsistances nécessaires en quoi se convertit le capital variable, il a pour effet de faire monter le taux de profit, en élevant le taux de la plus-value et en abaissant la valeur du capital constant. D'une façonnérale, il agit dans ce sens du fait qu'il permet d'élargir l'échelle de la production. Ce faisant, il accélère d'une part l'accumulation, mais d'autre part aussi la chute du capital variable, par rapport au capital constant et par là la baisse du taux de profit. De même l'extension du commerce exrieur, qui était la base du mode de production capitaliste à ses débuts, en est devenue le résultat, à mesure que progressait la production capitaliste en raison de la nécessiinhérente à ce mode de production de disposer d'un marché toujours plus étendu. On constate de nouveau ici la même ambivalence de l'effet." ( ... )

"Or on ne voit pas pourquoi ces taux de profit plus élevés que rendent des capitaux investis dans certaines branches, et qu'ils transfèrent dans leurs pays d'origine, n'entreraient pas alors, si par ailleurs des monopoles n'y font pas obstacle, dans le système de péréquation du taux da profit général et ne l'augmenterait pas. "

Le commerce extérieur qui connut une stagnation durant l'entre deux guerres, connaît à l'heure actuelle un développement considérable provoquant un ralentissement de la baisse du taux de profit.

 

4.2.13 .- "À mesure que progresse la production capitaliste, ce qui va de pair avec une accumulation plus rapide, une partie du capital n'est plus comptée et employée que comme capital productif d'intérêt. Non pas en ce sens que tout capitaliste qui prête du capital se contente des intérêts, tandis que le capitaliste industriel empoche son bénéfice d'entrepreneur. Ce fait, lui, n'inresse nullement le niveau du taux de profit néral, car, pour lui, le profit = inrêt + profit de toute sorte + rente foncière, et sa distribution entre ces catégories particulières lui est indifférente."

Ι1 s'agit donc du stade οù le capital s'est constitué en tant que totalité dans le marché monétaire.

"Mais ces capitaux, bien que placés dans de grandes entreprises productives, ne fournissent, déduction faite de tous les frais, que des inrêts plus οu moins grands qu'on appelle dividendes: dans les chemins de fer par exemplc,Ils n'entrent donc pas dans le système de péréquation du taux de profit néral, étant donné qu'ils rendent un taux de profit inférieur au taux moyen. S'ils y entraient, celui-ci tomberait beaucoup plus bas. D'un point de vue théorique, on peut les y inclure, et on obtient alors un taux de profit inférieur à celui qui semble exister et qui détermine réellement les capitalistes, car c'est justement dans ces entreprises que le capital constant est le plus élevé relativement au capital variable."

On comprend ainsi tout l'intérêt des nationalisations pour le capital. Nationaliser revient à faire c = 0 ; autrement dit avoir la production sans devoir faire la dépense pour la partie constante du capital productif.

 

4.2.14. - La diminution de l'incrément relatif de la production, c'est-à-dire celle du rapport

donne une indication sur le phénomène mentionné plus haut, mais n'est que cela. En effet, considérer ce rapport comme étant une expression identique, mais en termes de marchandises, c'est accorder l'importance à la masse, à la matière et ne pas tenir compte de la valeur. C’est une erreur physiocratique. Or le capital n'est pas une matière tangible, il est valeur un procès.

"On constate une fois de plus conibien il est important, dans la production capitaliste, de ne pas étudier isolément, en soi, en tant que simple marchandise, la marchandise prise à part οu le produit marchandise d’une période quelconque, mais de le considércr comme le produit du capital avancé et par rapport au capital total qui produit cette marchandise". (Le Capital, t. 6. p, 242.)

 

4.2.15. - D'autre part, la loi de la baisse de

(comme dans le point précédent, P’ et P indiquent la production de deux années successives) traduit un résultat mais ne décrit pas un processus. De plus cela tend à apparenter le phénomène capitaliste à un phénomène naturel; la diminution du rythme de croissance dans un organisme en développement, chez un cristal, etc. Or, les lois du capital ne peuvent pas être ramenées à des processus naturels. Sinon, on fait du capital lui-même un processus naturel qu'on doit subir de toute éternité. Ι1 y a des lois précises qui régissent le développement du capital, aussi précises que les lois découvertes dans la nature mais ce ne sont pas des lois naturelles.

"Ι1 faut donc que le marché s'agrandisse sans cesse si bien que ses connexions internes et les conditions qui le réglent prennent de plus en plus l'allure de lois de la nature indépendantes des producteurs et échappent de plus en plus à leur contrôle.°' (Le Capital, t. 6.p. 258.)

 

4.2,.16. - Les variations de valeur ne se font pas imperceptiblement mais il y a de véritables bouleversements, des révolutions, La vie du capital consiste à les surmonter. Le développement de l’automation apporte une telle révolution de la valeur. Cependant le capital parvenu à la totalité en tant que marché monétaire réussit à la surmonter.

 

4.2.17. - "1. -Avec la baisse du taux de profit, le développement de la force productive du travail donne naissance à une loi, qui, à un certain moment, entre en opposition absolue avec le propre développement de cette productivité. De ce fait, le conflit doit être constamment surmonpar les crises." (Ibid. p. 270.)

 

4.2.18. - " 2. C'est l'appropriation de travail -non payé et le rapport entre ce travail non payé et le travail matérialisé ennéral ou, pour parler en langage capitaliste, c'est le profit et le rapport entre ce profit et le capital utili, donc un certain niveau de taux de profit qui décident de l’extension οu de la limitation de la production le rapport de la production aux besoins sociaux, aux besoins d'êtres humains socialement évolués." (Ibid, p. 271.)

 

4.2.19. - "La valeur de la marchandise est déterminée par le temps de travail total, passé et vivant, qu'elle absorbe. L'augmentation de la productividu travail réside précisément en ceci que la part du travail vivant est réduite et que celle du travail passé augmente, mais de telle sorte que la somme totale de travail contenu dans la marchandise diminue; autrement dit, le travail vivant diminue plus que n'augmente le travail passé. Le travail passé matérialisé dans la valeur d'une marchandise - la portion de capital constant - se compose pour une part de 1'usure du capital constant fixe, pour l'autre de capital constant circulan: matières premières et aιxiliaires, absorbées en totalité dans la marchandise." (Ibid. p. 273.)

Autrement dit, il n'est plus possible de donner une finition immédiate de la vale,ur, puisqu'intervient dans sa détermiinatiοn un quantum toujours plus grand de temps de travail passé.

 

4.2.20. - "Donc pour le capital, la loi de l'augmentation de la force productive du travail ne s'applique pas de façon absolue. Pour le capital cette productivité est augmentée non quand on peut réaliser une économie sur le travail vivant en général, mais seulement quand on peut réaliser sur la fraction payée du travail vivant une économie plus importante qu'il n'est ajouté de travail passé, comme nous l'avons déjà brièvement indiqué au livre Ier" (Ibid. p.274.)

C'est pourquoi le capital s'oppose parfois à l'introduction de nouvelles machines, parce que cela nuirait à sa valorisation. Cependant toute la vie du capital est de surmonter les barrières à la valorisation. De ce fait, il y aura, finalement, introduction de ces machines.

 

4.2.21. - "Trois faits principaux de la production capitaliste .

1.Concentration des moyens de production en peu de mains; ainsi ils cessent d'apparaître comme la proprides travailleurs immédiats et se transforment, au contraire,en puissances sociales de la production. Mais, d'abord  ils apparaissent comme propriété privée des capitalistes. Ceux-ci sont les trustees (syndics) de la société bourgeoise, mais ils empochent tous les fruits qui résultent de cette fonction.

2. Organisation du travail lui-même comme travail social, par la coopération, la division du travail et la liaison du travail et des sciences de la nature.

Dans les deux sens, le système de production capitaliste abolit la propriété privée et le travail privé, quoique sous des formes contradictoires.

3. Constitution du marché mondial. " (ibid.p.278.)

Ι1 y a, dans ce qui précède, tous les éléments pour comprendre le stade récent, le plus jeune du capital, celui qui fut appelé impérialine et que l'on voudrait nommer, à l'heure actuelle, ultra-impérialisme οu encore capitalisme monopoliste. Malheureusement le chapitre " Èpanouissement des contradictions internes de la loi " d'où la citation précédente est extraite, ainsi que les "Addenda" ne sont pas-développés de façon exhaustive.C'est peut-être pour cela qu'il fut si facile de faire des théories sur l'impérialisme.

 

4.2.22. - Avec l'accroissement du capital et donc de la productivité du travail, toutes les entraves au procès de valorisation, que le capital n'a pas supprimées mais englobées, deviennent des moyens de valorisation: la rente foncière (agraire οu des terrains à bâtir), les limites nationales avec le protectionnisme, etc... Cela veut dire, en finitive, essor considérable de la spéculation. Autrement dit arrivé à un certain stade de la dévalorisation, le capital ne peut la fuir qu'au travers de la spéculation et en devenant capital fictif.

 

4.2.23. - Le gaspillage sous toutes ses formes est une manifestation phé:noménale de la dévalorisation. La tendance du capital est de diminuer le nombre d'hommes produisant la plus-value et d'accroître celui de ceux qui en vivent. Cela veut dire qu'il y a un gaspillage (le plus important) de forces productives. La production et la consommation d'une foule d'objets inutiles οu même nocifs est un autre aspect du gaspillage.

Lorsque le capital s'est consitué en totalila consommation de la part des nouvelles classes moyennes n'est plus suffisante pour détruire le déséquilibre entre production et valorisation. Dés lors s'impose une industrie qui n'a plus besoin d'hommes pour consommcr ses produits (ils sont nêcessaires pour permettre leur consommation): la guerre. L'État intervient bien alors en tant que représentant de la communauté matérielle pour prélever, sous forme d' impôts, la plus-value nécessaire afin que la valorisation puisse se faire au sein des entreprises productrices d'armements. Ceci touche surtout les prolétaires et les nouvelles classes moyennes mais aussi d'autres couches sociales, me celles qui sont directement liées au capital (tous ses fonctionnaires, par exemple). Cela montre à quel point 1'État est devenu un agent important dans le procès de valorisation du capital. Ι1 en est de même de la guerre. Elle est nécessaire pour dêtruire la socialisation de la production, c'est-à-dire son résultat qui inhibe son procès vital.

 

4.2.24. - La contradiction valorisation - dévalorisation se manifeste de la façon la plus percutante entre capital qui tend à la valorisation maximum et les hommes qui fixent de plus en plus la valeur et donc dévalorisent. En effet, afin d'inhiber la rebellion des hommes contre les conditions de vie qui leur sont faites, il est nécessaire de leur accorder une certaine réservc sociale (fascisme = démocratie sociale). Ceci fut d'abord fait pour le prolétariat puis pour presque toutes les couches de la société. Le capital surmonte cette fixation en utilisant d'une manière οu d'une autre l'argent des différentes caisses d'assurance, οu en volant les prolétaires en diminuant les remboursements, par exemple. Il y arrive, pour beaucoup de travaux, en faisant appel à des travailleurs, étrangers à la zone οù ce capital se veloppe. Ces travailleurs venant de pays moins évolués ont des besoins moindres et, d'autre part, ne sont pas organisés. Cependant, étant donque le pays prêteur de main d’œuvre, veut récupérer une partie de l'argent obtenu par ses travailleurs, il peut y avoir pression sur le pays employeur afin que les salaires ne soient pas trop bas. Inévitablement la contradiction réapparaît.

En définitive, la contradiction sous sa forme la plus évoluée, se fera entre le capital et les hommes devenus des obstacles à la valorisation. Ceux-ci devront répondre à l'offensive du capital qui tendra à les détruire, afin de libérer son procès. Ils n'auront qu'une possibilide survie: la destruction du capital.

Ainsi à la fin de la vie du capital, réapparaîtra l'antagonisme initial qui avait été masqué durant toute la période de son devenir à la totalité, de sa conquête de la planète: l'antagonisme entre la valeur d'échange devenue capital et l'homme, En effet, à l'origine, il s'opère entre capital et prolétaire salarié. Pour conjurer les assauts prolétariens, le capital tend à nier les classes et à immerger le prolétariat dans les nouvelles classes moyennes. Cela se produit avec la généralisation du salariat et de la condition de prolétaire à la majorité des hommes, et en assurant une réserve sociale aux esclaves du capital. Ce faisant, l'homme devient trop coûteux pour le capital; il est l'obstacle fondamental à sa valorisation. La lutte obligatoirement éclatera, non plus entre capital et prolétariat seul, mais entre capital et la masse des hommes prolétarisés, dirigée par le prolétariat. C'est la négation de la négation.

 

 

 

4.3.- Le capital et l'agriculture.

 

"Tant par sa nature que par l'histoire, le capital crée la propriété et la rente foncières modernes; son action dissout donc parallélement les anciennes formes de la propsίété foncière. La nouvelle forme surgit à la place de l'ancienne par suite de l'action du capital. En ce sens, le capital est père de l'agriculture moderne. Les rapports économiques de la propriété foncière moderne représentent un procés : rente foncière - capital - travail salarié ( on peut l'inverser auss: travail salarié - capital - rente foncière ; mais toujours, c'est le capital qui est l'intermédiaire actif.) Nous avons ainsi la structure interne de la société moderne, le capital étant posé dans la totalide ses rapports."

MARX Fondements. t. Ι. p. 224.

 

4.3.1. Caractères généraux.

 

4.3.1.1. Nature et travail.

Contrethèse 1. La nature met périodiquement à la disposition de la sociét humaine une masse de richesses. Celui qui contrôle une portion de terrain jouit de l'usage d'une partie d'un tel fruit.

Thèse 1. Tout le complexe de biens d'usage dent dispose la société provient du travail humain. Dispose de biens, sans livraison correspondante de travail, tout groupe social qui contrôle: a) les personnes des producteurs; b) le droit d'accéder à la terre des producteurs; c) les instruments de travail indispensables aux producteurs, donc les produits.

4.3.1.2. Richesse et sur-travail.

Contrethèse 2. Terre, outillage de travail, argent sont accumulations de richesses, qu'elles proviennent de la nature οu du travail qui, sans s'épuiser, en engendrent périodiquement une quote-part dont il est possible de jouir (rente, profit; intérêt)

Thèse 2. Toute entrée, pour les classes qui ne s'adonnent pas à la production, dérive d'un sur-travail d'autres classes. Sur le produit engendré, les institutions politiques imposent seulement le prélèvement de la partie mineure, qui suffit à conserver et à faire reproduire la classe active.

Inrêt, rente, profit, ne sont que des parties de cet exdent οu surproduit, attribué à diverses couches sociales, en vertu des pouvoirs de l'ordre en vigueur.

4.3.1.3. Répartition du produit.

Contre thèse 3. (Formule trinitaire). Le produit est formé gràce aux trois facteurs de la production :  travail, propriété, capital. Ι1 doit donc être réparti en trois parties : le salaire rémunère le travail, la rente la propriété foncière, le profit (et 1'inrêt) le capital.

Thèse 3. Avant tout le produit contient un 4° élément: le quantum de matières premières et l'usure de l'outillage et des implantations qui doit être restauré à la fin du cycle et que les marxistes appellent capital constant. Lquation de l'économie bourgeoise classique est donc fausse: produit égale salaire plus profit, plus rente. On doit donc répartir « la valeur ajoutée au produit » au cours d'un cycle- productif donné. Une telle valeur dérive toute du travail employé.

Dans la forme capitaliste moderne, il y a trois classes en présence. Τοute valeur engendrée dans la production découle du travail du prolétariat, et sur celle-ci s'opèrent trois prélèvements . salaire pour les ouvriers (séparés des instruments de travail et de la terre), profit pour les entrepreneurs capitalistes (qui disposent de capital mais non de terre); rente pour les propriétaires fonciers.

4.3,1.4.- Patrimoine et capital.

Contre thèse 4. La rente foncière équivaut au fruit que retire celui qui possédait un capital-argent en l'ayant- investi dans l'acquisition de la terre, de même qu'il l’aurait  obtenu en l'ayant investi dans celle d'implantations productives οu en le prêtant contre inrêt.

Thèse 4. Le profit des diverses entreprises capitalistes tend à un nivellement et à un taux moyen, tant que n'intervient pas la rente. En ce cas le produit assume sur le marché la valeur d'êchange qui correspond à celui que le marxisme appelle prix de production capital constant + capital variable + profit.

L’économie bourgeoise appelle coût de production la somme anticipée pour le capital constant et le capital variable.

L'économic marxiste appelle taux de profit, le rapport du profit à une telle somme avancée, elle appelle ensuite taux de plus-value le rapport du profit au capital variable ou dépense pour les salaires.

Ni l'une ni l'autre des grandeurs ne correspond au taux de bénéfice ou dividende, en général plus bas, qιιc l'économie habituelle met en rapport au patrimoine de l'entreprise, patrimoine représentant la valeur des implantations productives, plus le capital monétaire de gestioιn plus les immeubles, s'il y en a,

Terre et capital monétaire et même valeur estimée des moyens de travail dans la mesure où ils sont considérés comme des biens mercantiles et non comme des facteurs liés à la production et qu'ils demeurent inchangés après le cycle qui a réalisé le produit net, ne sont pas des investissements de Capital productif mais sont des titres sociaux â faire des prélèvements sur le profit et sur le surtravail ainsi que sur le sur-profit quand il existe. Ils n'entrent pas dans le calcul de partition du produit total vendu (le chiffre d'affaires pour les bourgeois) qui pour les marxistes se répartit entre capital total anticipé et profit.

4.3.1.5.- Rente différentielle.

Contre thèse 5. La rente de la terre est d'autant plus élevée que l’est la valeur de marché de cette dernière. Cela résulte du droit de l'époque moderne qui laisse libre 1'achat οu la vente de la terre ou d'investir ailleurs le prix selon les convenances.

Τhèse 5. Tandis que 1'intérêt est une partie du profit normal, le reste est "bénéfice d'entreprise" que l’entrepreneur cède à un prêteur quand il ne dispose pas lui-même du nuraire pour acquérir les matières premières et payer les salaires, avec ce qu'il recouvre: lors de la ventc du produit final ; la rente surgit seulement quand il y a un surprofit en regard du taux de proit social moyen lui-même.

Une exploitation agricole produit du surprofit par rapport à une autre quand la fertilide la terre est telle qu’avec le même travail et la même avance de capital on récolte une plus grande quantide denrées, que le  marché absorbe au même prix général.

Cettc différence, une fois remboursés les dépenses et le; profit normal du fermier capitaliste, est versée au propriétaire et forme la rente différentielle.

4-3.1.6.- Loi du terrain le plus mauvais.

Contre thèse 6. De même que pour les produits manufucturés le prix dépend de l'offre et de la demande : il est élevé quand existe une plus grande demande de consommation, il est bas quand cxiste une plus forte capacide production.

Thèse 6. Les célèbres oscillations concurrentielles n'ont pas plus d'importance que de petites "modulations d'altitude" sur l'onde portante d'altitude stable: elles se compensent entre elles et ne produisent pas de transfert de richesses d'une classe sociale à l'autre, mais seulement profits et pertes épisodiques d'entreprises particulières. Pour les produits manufacturés de l’industrie moderne, le prix tend à s'établir autour de leur valeur d'échange identique dans ce cas au prix de production, incluant le profit en raison du taux moyen.

Pour les produits agricoles le prix du marché s'établit d'après le prix de production particulier du terrain le moins fcrtile qui arrive à compenser le seul profit moyen, outre les dépenses, étant donle rapport entre la population croissante et la terre cultivable limitée, tout le produit est établi au même prix et οù, à dépense égale, il se trouve en quantiplus grande et donc avec un prix de production particulier plus petit, apparaît le surprofit qui devient la rente.

4.3.1.7.-Rente absolue.

Contrethèse 7. Etant donné qu'il n'y a de rente pour le propriétaire qupartir du moment le produit rapporte, au prix du marché, quelque chose en plus du profit capitaliste normal, il n'y a pas de rente sur le plus mauvais terrain, régulateur du marché. Il ne serait cultivé que par le propriétaire lui-mcme, en tant qu'entrepreneur capitaliste (Ricardo).

Thèse 7. En plus des bons successifs du volume de la rente qui proviennent de la meilleure quali des terrains, on trouve une rente absolue, propre au cas le plus défavnrable. Cela est au fait que  pour les denrées alirnentaires (b= aliment de base) le prix de marché est supérieur même à la valeur c'est-à-dire au prix de production dans les conditions les plus mauvaises, et ce, à partir du moment où la terre entièrè est occupée et rée sous la forme de l'entreprise capitaliste (à partir donc du moment où la consommation directe des denrées par le cultivateur a été dépassée, et tout entre comme marchandise dans le circuit mercantile).

Le mode historique de production capitaliste, en se répandant, fait baisser le prix des objets manufacturês et s'élever le prix des aliments.

4.3.1.8. - Industrie et agriculture.

Contrethèse 8. Avec le progrès de la technique et l'investissement de capitaux plus importants dans l'agriculture, la masse des produits alïméntaires pourra s'accroître jusqu'à faire baisser le coût…

sous-contrethèse a): à condition de liraliser les échanges et les investissements de capitaux...

sous-contrethès b) : à condition qu'une division économique centrale calcule de façon opportune les volumes de capitaux à destiner aux différents sectcurs, et régle les cotations du marché.

Thèse 8. Toute compensation entre les prix industriels et les prix agricoles est impossible dans l'économie capitaliste, de même qu'ennéral, entre la satisfaction des besoins on fonction de l'intérêt social; de même qu'elle est impossible dans la distribution de la richesse, du capital, du revenu.

La tendance d'une telle économie, toujours plus éloignée de l'équilibre, est liée non à la simple appropriation de sur-travail, mais au fait que la répartition du produit entre les différentes classes dépend de l'existence d'un prix courant de marché égal pour les marchandises produites dans les conditions les plus diverses relativement aux efforts et aux résultats.

La composition organique toujours meilleure du capital industriel (niveau technologique élevé : des matières premières nombreuses transformées par un nombre toujours moindre d'ouvriers et d'heures de travail), détermine la baisse générale du taux de profit (tandis qu'avec la croissance du capital global, la masse de profit croit énormément) même avec un taux égal de plus-value (prélèvnent égal de sur-travail).

Ce processus que le développement de la production rendit inéluctable, est bloqué dans l'agriculture, non seulement par le monopole privé de la tcrre, mais surtout par le nivellement mercantile de toute la masse produite apportée à l'échange, et par le rapport défavorable population-terre.

L'attribution à l'État de toutes les rentes foncières, proposée depuis les débuts de 1'industrialisation, n'éliminerait pas les causes de ce fait essentiel. Car-cela consisterait â redistribuer le surprofit, qui allait aux propriétaires-fonciers,e ntre les capitalistes auxquels l'État, selon la vieille thèse de Ricardo, ne réclamerait plus d'impôts sur les bénéfices.

4.3.1.9. Communisme et antimercantilisme.

Contre thèse 9. La compensation générale et la baisse du temps de travail social moyen, avec un niveau néral élevé de la consommation, peut étre obtenue, en plus de l'étatisation de la rente : a) en attribuant à l’État tout le profit des entreprises industrielles et agricoles ; b) en laissant le profit aux associations autonomes de tous lcs travailleurs de chaque entreprise.

Thèse .9. Ces mesures ne sortent pas du cadre mercantile et donc capitaliste, étant donné que l'échange mercantile réglerait les rapports d'entreprise à entreprise, οu d'entreprise à État, d'entreprise à consommateur, ou de consommateur à État, ainsi que d'entreprise à travailleur.On aurait également un énorme travail social global avec une faible consommation sociale globale, et aucune compensation entre apports de travail et jouissances de consommation.

La destruction du despotisme de fabrique, de l'emprisonnement pour un temps de travail exagéré (qui technologiquement devrait aujourd'hui constituer une petite fraction du temps de travail de l'époque pré-capitaliste et du maximum physiologique) et la destrιτttion de l'anarchie de la production (ou le gaspillage d'une grande partie du produit social sans qu'il soit transformé en consommation utile) constituent le programme communiste de la révolution prolétarienne. Il comporte les caractères suivants :

A. Abolition de l'administration de la production par les unités d’entreprises.

Β. Abolition de la distribution par le moyen de l'échange mercantile et monétaire, tant pour les produits-marchandises que pour la force humaine de travail.

C. Plan social unique, mesuré d'après des quantités physiques et non d' après des équivalents économiques, de l'assignation aux différents secteurs productifs des forces de travail; des matières premières, des instruments, et de l'assignation des produits dans les secteurs de consommation.

Les formules qui affirment que le socialisme est la suppression de la plus-value et la restitution du produit intégral à chaque producteur, sont totalement erronées,

Le socialisme, c'est l'abolition de toute valeur marchande et de tout travail for et payé, avec le don de sur-travail de chaque individu à la société, non à d'autres ni à lui-même.

4.3.1.10. - Parcellisation et mire.

Contre thèse 10. Un remède aux grandes disparités de distribution de la richesse, reconnues par tous, se trouve dans la parcellisation de la terre en petites unités familiales dirigées par des fermiers, des colons, des paysans propriétaires libres.

Thèse 10. Dans l’agriculture, outre les salariés, les couches de la population laborieuse, dont la société capitaliste ne sera jamais épurée, sont des survivances de formes sociales passées. Le produit d'une telle production fragmentaire se maintient à un prix plus bas que celui fourni par l'agriculture pleinement capitaliste, seulement parce que ces travaillcurs-entrepreneurs et me micro-propriétaires fonciers - à cause de difficultés naturelles et sociales et de la mauvaise technique - abandonnent une partie de la rente et du profit et souvent même du salaire (équivalent à celui d'un paysan sans terre) à la classe capitaliste et à 1'État, aux consommateurs ( cas οù le prix est au-dessous et non  au-dessus de la valeur).

De telles couches forment une classe - presque une caste d'opprimés - arrièrée vis-à-vis du monde moderne, incapable:- dans la mesure οù leurs réνοltes à cause de la famine peuvent troubler le pouvoir bourgeois- de personnifier de nouvelles formés sociales révolutionnaires.

La révolution est la tâche des prolétaires de l'industrie et de la terre; la dictature révolutionnaire est la fonction seulement de ceux -ci.

4.3.1,11.- Monopole et concurrence.

Contre thèse 11. La théorie marxiste de l'économie moderne, fondée sur les lois de la production on tantque déterminations de la valeur du produit et de la plusvalue, n'a pas pu rendre compte exactement des phénomènes récents du monopole et de l’impérialisme, étant donné que ses déductions partaient de l'hypothèse de l'existence de la pleine concurrence.

Thèse 11.La théorie fondée sur le calcul de la grandeur de la valeur et de ses fractions dans la production capitaliste, s'opposa dés son apparition à celle bourgeoise de la concurrence, Elle la nia et la condamna, en dévoilant, dés ce moment-là, le caractêre de monopole dé classe de cette économie. Les phénomènes récents ont confir la doctrine et toutes ses prévisions. Leur présentation théorique et mathématique, même dans les secteurs industriels, s'accomplit sans aucune difficulté, gràce aux théorèmes rigoureux sur la rente. Ceux-ci furent appliqués - dès leur énonciation - non seulement à l'agriculture - mais à toutes les forces naturelles. Ils sont donc valables pour l'économie οù il y a le moteur à vapeur, οu à essence, dont l'énergie est lhydroélectricité οu, demain, nucléaire. Tout cela forme les bases actuelles οu prochaines, de surprofits et de monopoles, de revenus parasitaires, qui accusent le manque de compensation de la forme sociale capitaliste.

4.3.1.12. La science ennemie.

Contre thèse 12. Les doctrines fondées sur l'introduction de gandeurs mesurables dans la production, sur le passage de valeur de classe à classe, avec leurs prévisions sur les tendances d'un veloppement historique, sont des idéologies arbitraires, étant donque dans le domaine économique, il n'y a pas de prévisions scientifiques possibles. La seule science possible est celle qui se fonde sur l'enregistrement des prix concrets, en suit les vicissitudes extrémement complexes. Les économistes modernes, très postérieurs à Marx, les auteurs les plus connus, les professeurs les plus suivis et les plus illustres, s'en tiennent aux théories du prix.

Thèse 12. Les professeurs à la lanterne  .[2]

 

 

4.3.2.- Agriculture et procés de valorisation du capital.

 

4.3.2.1. - L'étude de la rente foncière et des lois économiques régissant l'agriculture capitaliste n'est pas une partie marginale de l'œuvre de Marx. Elle est pourtant trop souvent délaissée sous pretexte que 1'agriculture occupe une place toujours moindre dans la production capitaliste. Pour certains il semble que cette étude ne soit importante que pour les pays accédant au capitalisme. Ils oublient que la rente foncière que Marx étudie est la rente foncière capitaliste. -Mieux, celui-ci dit que "c'est la seule valeur que le capital crée à partir de lui-même." On en est arrivé à ces erreurs parce qu' on a fragmen l’œuvre  de Marx et qu'on a voulu faire de celui-ci un théoricien uniquement de "l'économie industrielle".

"bref, le travail salarié dans sa totalité se développe grâce à l'action du capital sur la propriété foncière; enfin, lorsque cette dernière a pris une forme élaborée, le propriétaire foncier lui-même poursuit cette action. Ι1 procède alors lui-même au nettoyage, selon le mot de Steuart, c'est-à-dire qu'il débarasse la campagne des bouches inutiles, arrache les enfants de la terre au sein maternel, οù ils ont grandi, transformant ainsi l'agriculture qui, de par sa nature, apparaît comme source de subsistances immédiates en source de subsistances médiatisées et dépendantes des rapports sociaux.

(Cette interdépendance doit se dégager d'abord dans toute sa pureté avant qu'on ne puisse penser à une véritable communausociale: toutes les conditions doivent découler de la société et ne plus être déterminées par la nature.)" Fondements. t. I. pp, 224-225.

Sans une transformation totale des rapports de l'homme à la nature - ce qui implique que l'homme doive dépendre du capital qui devient élément médiateur entre l'homme et celle-ci - il ne peut y.avoir une révolution sociale.

Ι1 ne suffit pas que l'agriculture produise pour le marché, il faut que le capita1 s'empare complétement delle.

 

4.3.2.2. - En fait la théorie de la rente foncière est une piece maitresse de l’œuvre de Marx.

"Mais plus je me plonge dans cette ordure. (l’économie politique, n. d. r ) plus je me convaincs que. la réforme de l'agriculture, donc également de cette merde de proprielé qui se fonde sur elle, est l'alpha et l’oméga du bouleversement futur. Sans quoi le père Malthus aurait raison. " (Lettre de Marx â Engels. 03. 04.1851. )

Or, il est clair qu'avant de résoudre, il faut étudier comment le capital se comporte dans l'agriculture.

"C'est alors seulement que devient possible l'application de la science et le plein développement des forces productives. Il ne peut donc subsister de doute : dans sa forme, classique, le travail salarié imprègne la société dans toute sa largeur et, comme fondement de l'activité sociale, se substitue à la terre â partir du moment est créée la propriété foncière moderne, c'est-à-dire οù la propriété foncière est produite en tant que valeur par le capital. C'est pourquoi la propriété foncière se ramène elle aussi au travail salarié. En un sens, c'est tout bonnement le transfert du travail salarié des villes à la campagne; autrement dit, la diffusion du travail salarié sur toute la surface de la société." Fondements, t. Ι. p. 225,

 

 

4.3.2.3. - Ainsi, c'est en s'emparant de la terre, en produisant la rente foncière que le capital peut arriver à se poser entant que totalité.

"En créant la propriété foncière, le capital se remet donc à, produire du travail salarié, qui est sa base productive nérale. Le capital est issu de la circulation et implique le travail salarié : c'est alors qu'il se dévéloppe en une totalité, et pose la propriété foncière à la fois comme, sa condition et son antagonisme. Mais il se révèle que ce faisant, il crée uniquement le travail salarié comme sa base nérale Ι1 faut donc le considérer à part." (Ibid. p.227.)

 

4.3.2.4.  Le développement du capital élimine le bourgeois et le propriétairc foncier en tant que personnages, mais les lois qu'ils représentaient sont généralisées. En particulier, on ce qui concerne la propriété foncière, elles prennent une extension considérable dans la construction puisque celle-ci est directement liée â la question de la rente des terrains à bâtir, base à la fois du renchérissement des loyers et de l'accroissement de la spéculation. D'autre part, étant donné que le capital est urbanisation de la campagne, ces lois trouvent un champ d'application plus ample

 

4.3.2.5. - Les erreurs d'interprétation de la question agraire dérivent du fait de la non compréhension du fondement de la critique de l’économie politique: la théorie de la valeur de son surgissement à sa destruction. Le capital est un moment de la vie de ce1le-ci. Les économistes dirent qu'avec le capital, la loi de la valeur n'était plus opérante. Marx montra que le capital naissait sur la base de celle-ci, qu'il ne la détruisait pas, mais parvenait à la dominer : passage à la loi des prix de production (moment où il semble que ce soit le capital qui donne valeur aux produits). C'est d'ailleurs par l'intermédiaire de cette dernière que le capital arrive à dominer l'agriculture (cf. le livre IV du Capital).

Le capital naît dans l'agriculture: capitalisme = révolution agraire. Mais ce n'est qu un certain stade de sonldéveloppement qu'il parvient à l'assujettir à ses lois. Dés lors, la barrière, le monopole lié â la propriété privée n'est plus une barrière externe mais devient interne et est un moyen de valorisation. À ce moment-1à le monopole a perdu le caractère qu'il avait dans la société féodale.

" Dans la vie pratique, on trouve non seulement la concurrence, le monopole et leur antagonisme, mais aussi leur synthèse, qui n'est pas une formule, mais un mouvement. Le monopole produit la concurrence, la concurrence produit le monopole. Les monopoles se font de la concurrence, les concurrents deviennent monopoleurs. Si les monopoleurs restreignent la concurrence entre eux par des associations partielles, la concurrence s'accroit parmi les ouvriers; et plus la masse des prolétaires s'accroît vis-à-vis des monopoleurs d'une nation, plus la concurrence devient effrénée entre les monopoleurs des différentes nations. La synthèse est telle que le monopole ne peut se maintenir qu'en passant continuellement par la lutte de la concurrence." (Misère de la philosophie.)

" Donc, le monopole moderne n'est pas une simple antithèse, c'est au contraire la vraie synthèse." (Ibid). Ι1 est "la négation de la négation"

 

4.3.2.6. - Le monopole, en faisant obstacle à la péréquation du taux de profit, limite la dévalorisation. Or le capital lutte contre cette dernière. Ι1 est donc évident qu'au sein de la sphère industrielle un tel mouvement puisse se produire. Ceci est aussi valable pour le protectionnisme qui est indissolublement lié au libre-échange comme le monopole à la concurrence. A l'origine, il est un obstacle à la valorisation du capital, puis il en devient une composante. C'est en fait un moyen d'ajouter de la valeur à des marchandises dévalorisées à cause de la productivité du travail.

 

4.3.2.7. - La terre est devenue capital. Grâce au développement de la science (chimie, biochimie, pédologie, etc..) il est possible d'accélèrer la production et donc d'arriver à diminuer le temps d'immobilisation du capital, sa dévalorisation. Réciproquement, le capital prend des caractères fonciers. Ι1 y a, par exemple, la mise en jachère du capital. Ceci se produit lorsqu'il y a trop de capital libéré du procès de production, et que celui-ci ne trouve pas, pour ainsi dire, "un terrain" οù s'incorporer. Lorsque le marché monétaire s'est constitué, ces capitaux devenus "flottants" sont susceptibles d'aller d'une zone à l'autre et de participer à la spéculation.

 

4.3.2.8. - Le maintien d'entreprises marginales arrivant difficilement à produire au taux moyen de profit social, est un autre exemple de cette -"agrarisation" du capital. Ceci se produit non seulement dans les pays peu évolués, mais aux E.U. En fait, c'est un moyen pour le capital, en tant que totalité, de récupérer du sur-travail. Tout se passe comme pour les paysans parcellaires.

" Une partie du sur-travail effectuée par les paysans qui travaillent dans les conditions les moins favorables est donnée gratuitement à la société et n'entre pas dans la fixation des prix de production οu dans la création de valeur en général. Ce prix moins élevé résulte par conséquent de la pauvreté des producteurs et nullement de la productivité de leur travail." (Le Capital. t.8, p.185.)

 

4.3.2.9 - Le monopole reprend sa forme foncière, en capitalisme pleinement évolué. Pour le propriétaire foncier, il consistait dans le fait de posséder une partie de la terre cultivable; pour l'entreprise (non pour un homme) il réside dans le fait de détenir une part du capital social. D'où la concurrence que se font les entreprises afin de jouir d'une fraction toujours plus grande de celui-ci; d'où la tentative d'infléchir 1'État, représentant de la communauté matérielle, dans le sens de leurs inrêts, c'est-à-dire: se faire accorder des avantages fiscaux, arriver à avoir des commandes, se faire octroyer des prêts. Avec ce qui est appelé le "complexe militaro-industriel", les E.U. offrent la meilleure illustration de ce qui précède. Ceci est logique, car, si l'État doit être ré comme une entreprise, celle-ci a besoin de l'État, surtout de l'armée, pour réaliser ses objectifs. Le langage militaire envahit le domaine économique.

 

 

4.3.2.10. - Pour le capital l'unique richesse c'est la force de travail vivante celle qui engendre la plus-value, car c'est grâce à elle qu'il s'accroît et vit. Pour que le capital domine pleinement, il faut donc que tout devienne capital, que l'homme soit séparé de tout, dépouillé de tout, de telle sorte que s'il veut produire, mangcr, jouir, il doit accepter les conditions du capital : fournir le surtravail. Cependant l'accroissement de la production tend à diminuerduire à zéro le temps de travail vivant inclus dans les marchandises: c'est la négation du capital. D'οù alors la tendance à freiner le développement des forces productives et à trouver des moyens artificicls de valorisation qui condamnent 1'homme à toujours travailler. Ce faisant un nouveau type de rente apparaît. Elle représente la valeur de la différence entre le temps de travail cristallisé dans le produit engendré par la production actuelle et le temps de travail qu'il renfermerait si réellerιent toutes les possibilitcs techniques étaient utilisées et le gaspillage détruit. Le capital est donc une entrave au progrés. Mais cette entrave se manifeste de façon ambiguë sous la forme d'une exploitation absurde : faire travailler inutilement les hommes.

 

4.3.3. - Le capital et la destruction de la nature.

 

4.3.3.1. - "Dans 1'agriculture comme dans la manufacture, la transformation capitaliste de la production semble n'être que le martyrologue du .productcur, le moyen de travail, que le moyen de dompter, d’exploiter et d'appauvrir le travailleur, la combinaison sociale du travail que l’oppression organisée da sa vitalité, de sa liberté; et de son indépendance individuelles. La dissémination des travailleurs agricoles sur de grandes surfaces brise leur force de résistance, tandis que la concentration augmente celle des ouvriers urbains. Dans l'agriculture moderne, de même que dans l'industrie des villes, l'accroissement de la productivité et le rendement supérieur du travail s'achètent au prix de la destruction et du tarissement de la force de travail. En outre, chaque progrés de l'agriculture capitaliste est un progrès non seulemenent dans l'art dexploiter le travailleur, mais encore dans l'art de dépouiller le sο1; chaque progrès dans l'art d'accroître sa fertilipour un temps, un progrés dans la ruine de ses sources durables de fertilité. Plus un pays, les Etats-Unis du Nord de l'Amérique, par exemple, se développe sur la base de la grande industrie, plus ce procés de destruction s'accomplit rapidement. La production capitaliste ne veloppe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu'en épuisant en même temps les deux sources d'οù jaillit toute richesse :

"La terre et le travailleur". Le Capital. t.2, pp. 181-182.

"La grande industrie et la grande agriculture exploitée industriellement agissent dans le même sens. Si, à l’origine, elles se distinguent parce que la première ravage et ruine davantage la forcc de travail, donc la force naturelle de l’homme, l'autre plus directement la force naturelle de la terre, elles finissent, en se développant, par se donner la main : le système industriel à la campagne finissant aussi par débiliter les ouvriers, et l'industrie et le commerce, de leur côté, fournissent à l'agriculture les moycns d'épuiser la terre." (Ibid .t. 8,.p. 192.)

Ces prévisions de Marx se vérifient quotidiennement à l'heure actuelle. Le développement du capital se présente comme une immense catastrophe naturelle: épuisement des sols, destruction de la faune et de la flore. Le capital est réification de l'homme et minéralisation de la nature.

 

4.3.3.2. - La minéralisation de la nature s'effectue par :

a - le développement des villes. D'une part, i1 y a destruction des espaces verts qu'elles renfermaient, d'autre part, elles s'accroissent énormément, minéralisant toujours plus la campagne.

b - urbanisation de la campagne, c'est-à-dire qu'il y a une construction toute à fait absurde de résidences secondaires, d'installations pour les loisirs : campings, motels, hotels, sans compter différentes installations attractives, hauts-lieux de 1'incrétinisation humaine.

c - le développement du réseau routier qui détruit toujours plus de bonnes terres pour permettre un moyen de transport anarchique. Le dévelopement de l'industrie automobile implique cela, tant pour le déplacement des hommes que pour celui des marchandises. C'est ici une claire manifestation de l'antagonisme entre socialisation et privatisation. Le capital ne peut assurer son procès de valorisation qu'en privatisant, parce que cela permet une multiplication de la production.

d - développement anarchique des voies navigables, des ports, des aéorodromes.

Sous le féodalisme, les terres de culture était transformées en terrain de chasse. La nature n'y était pas détruite. À l'heure actuelle, la société des loisirs met la nature en cage afin de la présenter aux hommes abrutis qui ne peuvent voir en elle que les reflet de leur asservissement.

 

4.3.3.3. - Cette minéralisation s'accompagne d'une pollution toujours plus poussée de l'air et de l'eau. En ce qui concerne cette dernre, elle vient à manquer me dans les pays où le bilan hydrique fut toujours nettement positif. En est responsable non seulement l'industrie, qui a besoin de ce liquide pour le refroidissement de ses moteurs (de telle sorte que l'eau des rivières atteint parfois une température difficilement compatible avec la vie) mais l'économie domestique elle-même qui a été industrialisée à un point extrême. L'homme moderne devra payer l'air et l'eau, ce qui veut dire que pour avoir les éléments que la nature lui offrait gratuitement, il devra fournir un surcroît de travail. Le capitalisme ne diminue donc en aucune façon le temps de travail de l'homme, la peine de l'homme. En ce sens il est profondément religieux: il conserve et amplifie l'antique malédiction divine inscrite dans la genèse. L'homme ne pourra la détruire qu'en détruisant le capital.

Pour assurer l'approvisionnement en eau dans les concentrations urbaines il faut multiplier les barrages de retenues, en amont des villes bâties sur les rives d'un fleuve (Paris, par exemple), ou bien aller chercher l'eau à des centaines de kilomètres. Or, dans le premier cas, ces barrages causent des catastrophes irréparables à la vie parce que les brusques variations de niveau que l'on doit y provoquer pour alimenter les villes détruisent, en particulier, les frayères, d'où la raréfaction du poisson dans beaucoup de rivières.

 

4.3.3.4. - Les épigones du capital, les savants, proclament que tout mal peut être combattu. Ainsi, on peut apporter l'eau aux villes, on pourra étudier des systèmes pour combattre la pollution de l'atmosphère et de l'eau, on construira des navires spécialisés dans la destruction du pétrole répandu à la surface des mers. Cependant, ce qu'ils oublient toujours, c'est que de cette façon on crée de nouvelles industries, de nouveaux moyens de valorisation du capital et, qu'en conséquence, on condamne toujours l'homme au travail forcé.

C'est pourquoi le mot d'ordre que certains lanrent en Mai (les situationnistes, par exemple), même s'il n'est pas rigoureusement correct du point de vue théorique, est hautement révolutionnaire: abolition du travail. Effectivement, il faut que l'humanité comprenne que son salut n'est pas dans un surcroît de travail (dans la réalisation d'un plein emploi stupide et avilissant), mais dans la destruction d'une société qui lui impose l'esclavage salarié producteur d'absurdités et de destructions.

 

 

  4.3.3.5. - Avec la minéralisation de la nature, l'homme devient un être toujours plus abstrait, sans racines, il n'est plus un être de la nature, mais un être du capital. C'est pourquoi se conduit-il en prédateur vis-à-vis d'elle. La destruction de la nature est sa propre destruction, Ιl arrivera un moment οù cette situation ne sera plus tolérable et l'humanité devra se révolter pour se récupérer et régénérer la terre-mère.

La création de réserves naturelles est une mise en cage qui précède le dépérissement total. On sait ce qu'il advint des hommes à qui on octroya un espace limité. D'autre part, la science se targue d'avoir, avec l'écologie trouvé un moyen de sauver la nature. Cette science présente, il est vrai, un aspect positif (il n'est que le compnentaire de l'autre, celui destructif). L'écologie tend à considérer les différentes espèces dans leur économie naturelle, c'est-à-dire dans leurs rapports réciproques avec le milieu, et entre elles, et ce, dans le temps, ce qui inclut une étude génétique et évolutive. Dés lors se pose la nécessité d'une écologie humaine. Certains auteurs se rendent cοmpte que les "primitifs" connaissaient une écologie.

Mais ce n'est pas une science - un produit paré de l'activité totale de l'homme - qui peut apporter remède à la dramatiquc situation où se trouve l'espèce humaine à l'heure actuelle. Seule une doctrine générale qui inclut en elle, en tant qu'élément déterminant de sa réalisation une action fondamentale, la révolution, peut présenter la solution. Cette doctrine c'est celle du prolétariat: le communisme.

"LE COMMUNISME EST LA CONNAISSANCE D'UN PLAN DE VIE POUR L'ESCE HUMAINE. "(Prometeo. ΙΙ° série. p.125.)

 

 

 

4.4- Développement du capitalisme et crises.

 

4.4.1. - Fondements et bref historique des crises.

 

4.4.1,1. - La crise est inhérente au système capitaliste parce qu'il est fondé sur la production pour la production (au travers de celle-ci il peut avoir la valorisation maximum), sur une sous-consommation obligatoire, structurelle, non seulement du prolétariat mais de la majeure partie des nouvelles classes moyennes. D'autre part le déséquilibre nécessaire entre capital fixe et capital circulant n'est pas dominé, οu s'il l'est, c'est en apparence gràce au capital fictif. Lors du renouvellcment du premier il apparaît toujours un déséquilibre qui est cause de crise. La lutte contre la dévalorisation traduite sur le plan phénomènal par la lutte contre la baisse tendancielle du taux de profit, aboutit à une production énorme qui englue le marché. Une solutio: abolir la circulation, d'où le développement de l'industrie de guerre. D'autre part, pour lutter contre la chute du taux de profit, prolifération des sociétés se contentant de 1'intérêt. Mais ceci aboutit encore à une augmentation de la production et à des déséquilibres dans la circulation.

La crise manifeste la nécesside détruire les déséquilibres. Elle implique la destruction du capital fictif, de la socialisation qui est fixation du capital, afin que le cycle de valorisation reprenne.

 

4.4.1.2. - Concrètement la crise s'est manifestée par une diminution de la production, une augmentation du chômage, une baisse des prix de gros, une diminution de valeur des titres en bourse, du commerce extérieur; le système monétaire remplace celui de crédit.

Elle fut précédée par une augmentation des salaires et par celle du taux de l'intérêt (à l'échelle mondiale, evidemment). Le libre-échange connut une grande extension avant la crise; celle-ci étant suivie d'une phase de protectionnisme.

 

4.4.1.3. - La cause réelle doit être recherchée dans l'être capital lui-me; sinon on reste en surface, on interprète les apparences.

"La surproduction nérale ne provient pas de ce que les ouvriers οu les capitalistes consomment relativement trop peu de marchandises, mais de ce que leur production est trop forte : elle n'est pas trop forte pour la consommation, mais pour le juste rapport entre consommation et valorisation. La production est trop forte pour la valorisation." (Marx. Fondements. I. p. 405.)

Le développement des nouvelles classes moyennes (consommateurs improductifs), celui de l'industrie de guerre, permet d'accroître la consommation mais cela n'empêche pas que la production reste trop forte pour la valorisation.

 

4.4.1.4. - L'histoire des crises c'est celle de la formation de l'être capital, ses structurations successives.

Au début elles affectent l'aire anglaise οù le capital s'est réellement émancipé des formes sociales anrieures, s'est autonornisé. 1788 : crise dans l'industrie cotonnière; 1800: crise liée au manque de céréales; 1815: crise causée par la fin de la guerre contre la France. C'est une crise de réajustement.

1825-27 commence le vrai cycle des crises et des phases de prospérité. À partir de ce moment, il est à: peu près de 5 ans : 1827, 1832, 1837, 1842, 1847. C'est pourquoi étant donné que la crise de 1847 avait amené la révolution. Marx prévit le retour de celle-ci pour 1852. Mais avec cette période se termine une étape de la vie du capital.

 

4.4.1.5. - Après la crise de 1847, se produit un développement considérable du capitalisme à la suite de la découverte de l'or californien, la pénétration en Chine, puis au Japon (une vraie phase impérialiste !). Le capital s'étend donc (première généralisation mondiale), prend une base plus vaste et devient plus robuste. Le cycle s'allonge et devient décennal 1847, 1857, 1867. Cependant i1 est de nouveau perturbé à la suite de la guerre de 1870 (essor du capitalisme allemand). Entre 1873-1877, se produit une stagnation avec un maximum en 1875 en Angleterre. La reprise s'effectue en 1877, aux E.U. On assiste à une grande concentration et surtout à un développement des banques. Après 1880, la crise est définitivement surmontée mais, en 1893, nouvelle crise, puis en 1900-1903, et, enfin, 1913. Cette dernière se résout en guerre.

 

4.4.1.6. - Durant la période qui νa de 1870 à 1914 on assiste à une poussée impérialiste (dans le sens de diffusion de la forme sociale) qui n'est que la prolongation de celle qui suivit la crise de 1847 (avec un nombre de participants plus élevé). Le capitalisme s'étend à toute la planète, mais c'est la plupart du temps une simple domination formelle. Ι1 ne provoque pas de bouleversements sociaux dans les pays qu'il domine. Parallélement le capital s'édifie de plus en plus en marché monétaire, d'où le dêveloppement considérable des banques, des trusts, étc... L'être capital prend un nouvel aspect que la plupart des théoriciens veulent présenter comme impliquant une discontinuité avec l'être qui précède; ce ne serait pas une simple métamorphose, mais une véritable mutation: l'impérialisme.

 

4.4.1.7. - Avec la crise de 1913 s'ouvre un cycle de crises et révolutions qui se clôturera seulement en 1945 (pour le caractère général de cette période, cf 4.6.) Aprês la 1° guerre mondiale, très rares sont les pays qui rattrapèrent rapidement le niveau de production d'avant-guerre; d'autre part, le cοmmerce mondial connu une importante stagnation.

1929-1932, c'est la grande crise qui touche surtout les E.U. pays qui n'avait pas connu de recul à cause de la guerre, La crise est à la fois de production et monétaire. Dans celles antérieures, les deux phénomènes étaient parfois apparus dissociés. D'autre part, la question monétaire qui se posa alors n'est pas encore résolue. La crise fut le moyen violent de liquider la situation anrieure, celle οû le capital ne s'était pas encore posé en tant que totalité, où il n'était pas encore autonome (n'avait pas rompu la stricte dépendance d'avec l'or). Le capital tendait à s'ériger en totalité : marché monétaire. La théorie de Keynes ne fit que représenter cette exigence.

1939,  nouvelle crise qui se résout en seconde guerre mondiale.

 

4.4.1.8. - On ne peut pas comprendre les raisons de la stagnation du capitalisme dans l'entre-deux guerres si on ne tient pas compte de la lutte des classes.

Entre 1917 et 1919, le prolétariat fut menaçant et il ne fut pas possiblc de le domestiquer afin de lui extraire une quantiplus grande de plus-value. Autrement dit la tendance du prolétariat à se constituer en tant que classe et donc à poser la réalisation de la véritable communauhumainc a empêché, a freiné 1'édification de celle du capital. Nous avons signalé (1.3 et 3.1) le vaste soulèvement - malheureusement non coordonné et incapable d'arriver à une vision claire des objectifs - du prolétariat des pays capitalistes, de celui des pays coloniaux aidé des millions de paysans attirés dans l'orbite de la révolution.

Ceci est encore une preuve de la de la validité de la théorie du prolétariat: le capital se nourrit de la plus-value extorquée aux prolétaires. Lorsque le talon de fer parvient à triompher le capital se développe librement et il surmonte la crise de 1914. Depuis 1945, οn a une phase continue de la production capitaliste, entrecoupée de quelques stases.

Plusieurs théoriciens dont Trotsky ont accordé une trop grande importance à cet arrêt momentané de la production capitaliste. Ils l'ont théorisé comme étant un fait irréversible. Leur erreur fondamentale est d'avoir, dans leur analyse, séparé mouvement économique et lutte de classes.

 

4.4.1.9. - Au cours de ces évènements fondamentaux concernant l'évolution du capital en sa totalité, il s'en produisait d'autres dans les différentes aires capitalistes antagoniques. Tout d'abord le remplacement de l'Angleterre par les E.U. dans le rôle de despote du marché mondial.

Dès la fin du ΧIΧ° siècle, comme ils le désiraient, les E.U. avaient (en ce qui concerne la production) rattrapé l'Angleterre et même la dépassaient, Cependant si ceci ne s'est pas immédiatement traduit par un changement de direction dans la suprématie mondiale, c'est que l'industrie anglaise avait des prolongements dans l'Inde et d'autres pays, Les E.U. avaient bien dépassé la production anglaise de l'Angleterre, mais non toute la production anglaise. Lorsque la crise se développa au début du ΧΧ° et en 1929 l'Angleterre la reporta sur des pays comme l'Inde et pourra résister tandis que cette dernière subira un phénomène de désindustrialisation, de régression qui explique la faiblesse du mouvement prolétarien hindou, et, surtout, le caractère rétrograde de celui de Gandhi qui lutta, non en fonction d'une société nouvelle, mais opposa la vieille société, en totale décomposition, au capitalisme anglais.

Ι1 était la revendication de la déchéance.

 

4.4.2. - Les rapports entre les E.U. et l'Europe.

 

4.4.2,1. - "L'Arique fut jusqu'à la fin du XVIII° siècle une colonie anglaise au sens politique et jusqu'à la guerre de sécession de 1866, comme le dit Marx, une colonie dans le sens économique." (Battaglia Comunista, n° 15. 1950.)

Pendant toute la seconde moitié du ΧΙΧ° siècle, l'expansion de l'industrie et du capital américain se fait de façon ininterrompue. D'autre part, par l'entremise de la doctrine de Monroë, ils s'étaient ménagés une zone où ils pourraient exercer tranquillement leur monopole : les deux Amériques; d'autre part ils p