L’arbre indique que tout est vie

 

 

L’arbre témoigne de l’union du ciel et de la terre-sol où fourmillent de multiples formes de vie. Il témoigne de la communauté car il n’est pas une entité séparée; il n’est que par union avec d’autres formes de vie comme les bactéries, les champignons, etc. Il témoigne de la forêt qui est communauté, forme la plus puissante de manifestation de la vie pour protéger le sol qui, à son tour, protège  la roche-mère – phénomène qui ralentit le processus de refroidissement de la planète par irradiation de l’énergie interne du noyau !

Il témoigne de l’union, de même que notre refus de la séparation en tant que telle mais aussi toute union artificielle illusoire (communauté abstraite, Ètat de toute forme, racket), qui se fait au travers d’une domination d’un groupement humain sur un autre, que ce soient les parents sur les enfants, les hommes sur les femmes, les patriciens sur les plébéiens, les féodaux sur les bourgeois et les paysans, les bourgeois puis les capitalistes sur les prolétaires…

L’union a souvent été posée en tant que réconciliation entre les hommes et les femmes, en oubliant la séparation fondamentale et fondatrice, celle avec tous les êtres vivants. Dans un oubli encore plus profond  a sombré le fait que la répression, la domestication, consubstancielles à tout le devenir de séparation de l’espèce vis-à-vis du reste de la nature, s’opère, de génération en génération par les parents sur les enfants, ce qui engendre une immense ontose (moyen de survie) et empêche le déploiement de l’individualité .

On peut atteindre à l’épanouissement de cette dernière en union avec une communauté véritable où il n’y a plus de problème de pouvoir et d’amour autonomisés, mais où règne la participation rayonnante, que s’il y a réconciliation avec tous les êtres vivants.

Se remettre en continuité individualité-gemeinwesen, comme l’est l’arbre dans la nature dont il est partie intégrante, est la seule voie pour être à même de régénérer cette dernière et nous régénérer. Alors pourra se réaliser la pleine jouissance de la participation au cosmos à laquelle il nous est possible d’accéder dés maintenant en abandonnant le monde du capital.

 

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L’arbre a été un support de témoignage, et donc un symbole, pour les numéros de la série IV et de la série V d’Invariance. D’abord ce fut un arbre stylisé par les soins d’une amie, du n°1 au n°8, puis ce fut la photographie d’un hêtre dessiné par H. Ulrich, du n°9 et dernier de la série IV à tous les n° de la série V. Le texte ci-dessus reproduit est paru pour la première fois en seconde page de couverture du n° 9, série IV, 1992. Toutefois il n’était pas complet au regard de celui définitif. En effet  dans le deuxième paragraphe, « les parents sur les enfants »  a été ajouté après « que ce soient ». D’autre part, le troisième paragraphe fut complété par : « Dans un oubli encore plus profond  a sombré le fait que la répression, la domestication, consubstancielles à tout le devenir de séparation de l’espèce vis-à-vis du reste de la nature, s’opère, de génération en génération par les parents sur les enfants, ce qui engendre une immense ontose (moyen de survie) et empêche le déploiement de l’individualité ». En outre, dans le dernier paragraphe, « individualité-gemeinwesen a été ajouté après « Se remettre en continuité ». Enfin le mot ontose a été substitué à psychose utilisé au début.

« L’arbre indique que tout est vie »  synthétise les résultats d’une investigation, opérée théoriquement et à travers un ressenti au cours de nombreuses années. Il est exposé sous une autre forme dans « Point d’arrivée » (Cf. dans « Cheminement »). Ce texte ne peut plus exprimer notre positionnement actuel, d’où son abandon.

Etant donné que nous ne cherchons plus un point d’appui en un sujet quelconque, en un point d’un lieu donné, en un lieu du temps, nous n’avons plus besoin, pour nous positionner, d’un symbole, mais d’une affirmation qui, pour le moment en fonction de notre cheminement, se trouve dans « Advenir ».


      Janvier 2005